Du 1er au 15 mai, le terrain d’entraînement de Pabradė, en Lituanie, a accueilli Flytrap 5.0, un exercice mené par le V Corps de l’armée américaine et centré sur la défense contre les drones. Sur place, la 2e régiment de cavalerie, le 10e commandement de défense aérienne et antimissile de l’armée, le 5e bataillon du 4e régiment d’artillerie de défense aérienne, le 3e bataillon du Parachute Regiment britannique et d’autres alliés ont travaillé face à de petits systèmes aériens sans pilote, y compris des essaims.
Ce qui a retenu l’attention, selon le major Galen King, n’était pas seulement la menace aérienne, mais aussi la manière dont ses soldats l’ont affrontée. Il a expliqué que le régiment avait déployé en Lituanie son peloton de fabrication additive, équipé de tours, d’imprimantes 3D et d’autres outils de fabrication additive et soustractive. Pendant l’exercice, cette équipe a réparé des drones utilisés dans l’entraînement et a fabriqué des supports, des brides et d’autres pièces nécessaires pour installer sur les Strykers des équipements anti-drones fournis par des industriels.
King a décrit cette capacité comme une composante devenue essentielle des déploiements du régiment au cours des deux dernières années. L’armée a déjà acquis plus de 30 imprimantes 3D, dont certaines ont été déplacées à travers l’Europe, et elles sont déployées dans un abri modulaire là où le régiment se rend sur le continent. Selon lui, une équipe se trouvait encore en Lituanie pour soutenir les opérations, preuve que cette logistique de terrain n’est plus un ajout expérimental mais un outil intégré à la présence américaine en Europe.
Le détail le plus révélateur est peut-être celui que King a donné sur une pièce fabriquée par son équipe. À l’aide d’un programme de CAO, les soldats ont mis au point une solution à 80 % pour intégrer un élément fourni par un industriel sur un Stryker. Cette approche illustre la tension au cœur de Flytrap 5.0: les armées veulent avancer vite contre des menaces de drones plus nombreuses et plus mobiles, mais elles comptent encore sur la capacité de soldats à improviser, réparer et adapter le matériel sur place. Le peloton de fabrication additive avait d’ailleurs déjà participé à des éditions précédentes de Flytrap, signe que cette méthode s’installe dans la durée.
Pour les forces engagées à Pabradė, Flytrap 5.0 n’a pas seulement servi à tester des outils anti-UAS. L’exercice a aussi montré que, face à des essaims et à des systèmes aériens de petite taille, la vitesse d’adaptation peut devenir aussi importante que la puissance de feu. En Lituanie, l’atelier mobile du 2e régiment de cavalerie a rappelé que la prochaine ligne de défense peut parfois se jouer autant dans un shelter de fabrication que sur le champ de tir.
