Onze personnes ont été arrêtées à Londres lors de marches rivales qui ont parcouru la capitale samedi, a indiqué la police, sans préciser combien de ces interpellations étaient liées à l’événement Unite the Kingdom, associé à Tommy Robinson, ou au rassemblement pro-palestinien. Plus tôt dans la journée, deux hommes ont aussi été arrêtés près de la gare d’Euston, soupçonnés de lésions corporelles graves, après un incident à Birmingham au cours duquel un homme a été renversé par une voiture.
La marche Unite the Kingdom avait l’allure d’un défilé majoritairement masculin et blanc. Certains participants portaient des croix et des pancartes liées au christianisme, d’autres étaient habillés en chevaliers de style croisé. Un homme brandissait un faux bouclier médiéval orné d’une croix, tandis qu’un tract décrivait la Grande-Bretagne comme un « battle for Britain » et comme une « Christian nation built on truth, honour, and freedom ». Des groupes de Britanniques iraniens agitaient aussi l’ancien drapeau de l’Iran, appelant au renversement du gouvernement iranien et au retour à une monarchie laïque.
Ces scènes se sont déroulées alors que Londres voyait défiler, le même jour, une mobilisation pro-palestinienne, avec des rassemblements qui ont mis en évidence la polarisation politique du moment. La police n’a pas détaillé combien des 11 arrestations étaient liées à chaque cortège, mais le fait que des interpellations aient eu lieu des deux côtés montre à quel point la journée a vite débordé le simple cadre des slogans et des drapeaux.
Dans le camp pro-palestinien, Zarah Sultana a pris la parole à Pall Mall pour dire qu’Andy Burnham « not an alternative » à Keir Starmer. Elle a accusé l’establishment de vouloir faire croire que le changement viendrait du remplacement d’un chef travailliste par un autre, avant d’ajouter que Burnham avait voté pour la guerre en Irak. Burnham a depuis obtenu le feu vert pour se présenter à la sélection des candidats pour la prochaine législative partielle de Makerfield.
À l’autre extrémité du spectre, Nick Tenconi, chef de l’ancien parti de Nigel Farage, Ukip, a déclaré vouloir utiliser l’armée pour « round up and deport the Islamists, illegals and the communists ». Les propos s’inscrivent dans une journée où les symboles, les mots d’ordre et les identités ont occupé le devant de la scène, bien avant les incidents policiers.
Wes Streeting a, lui, dénoncé Tommy Robinson et ses partisans dans un discours prononcé après avoir quitté ses fonctions de secrétaire à la santé plus tôt cette semaine. « And what a day for us to have gathered. Today, Tommy Robinson and his followers are marching through the streets of our capital city. The last time he did, ministers were sent out by No 10 with a media script to explain the march rather than condemn it », a-t-il dit, avant d’ajouter que le pays avait connu « a type of racism that we haven’t seen on our streets since the 1970s and 1980s ». Il a aussi présenté les drapeaux hissés sur des lampadaires et des ponts comme « a symbol of division », et non de fierté nationale.
La journée a laissé une image nette: un pays traversé par des camps qui ne se parlent plus, des arrestations dispersées et des responsables politiques qui exploitent, ou condamnent, la rue pour ce qu’elle dit de l’époque. Ce qui compte désormais, ce n’est pas seulement le nombre d’interpellations, mais la manière dont les autorités répondront à des marches qui mêlent colère, identité et affrontement politique en plein centre de Londres.

