Six militants d’Extinction Rebellion ont été placés en garde à vue vendredi en fin d’après-midi après une action menée sur la Tour Eiffel, à Paris. Plusieurs d’entre eux sont montés sur le toit de la brasserie Madame, située au premier étage, et ont déployé un drapeau palestinien de 4x3 mètres.
Les agents de sécurité du site ont intercepté les six individus avant de les remettre aux policiers. Ils ont ensuite été placés en garde à vue au commissariat du 7e arrondissement pour intrusion sans autorisation dans un site classé et mise en danger de la vie d’autrui. Le groupe a diffusé une vidéo de l’action sur X, affirmant qu’il n’existe pas de lutte écologique possible si l’humanité n’est pas capable de lutter contre l’« abomination des massacres en cours à Gaza ».
L’opération avait été organisée pour marquer le 78e anniversaire de la Nakba, terme utilisé pour désigner la période qui a suivi la création de l’État d’Israël en 1948, quand des Palestiniens ont été forcés à l’exil. La Tour Eiffel a déjà servi de support à des gestes symboliques liés au conflit israélo-palestinien, notamment après les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
La séquence relance aussi une controverse politique déjà vive à Paris. Le 21 septembre 2025, Anne Hidalgo avait projeté côte à côte les drapeaux israélien et palestinien sur un grand écran de la Tour Eiffel, en disant vouloir soutenir l’initiative portée aux Nations Unies par le président de la République française pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Sur X, Rima Hassan a estimé qu’Hidalgo n’avait pas été placée en garde à vue pour avoir illuminé la Tour Eiffel aux couleurs du drapeau israélien, tandis que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une décision « consternante de stupidité après deux ans de génocide ».
Au-delà de l’action militante, c’est désormais la réponse judiciaire qui compte. Les six interpellés restent exposés à des poursuites liées à l’intrusion sur un site classé, et l’épisode montre à quel point la Tour Eiffel demeure un lieu où la guerre à Gaza, la mémoire de la Nakba et les prises de position locales se heurtent de front.

