Momentum, la lettre premium de Capital consacrée aux investissements en Bourse, a fait mieux que le CAC 40 au moment où l’indice parisien reculait de près de 2% d’un vendredi à l’autre, sous le poids des craintes sur les taux d’intérêt et sur l’Iran. Pour LBP AM, le choc provoqué par la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz constitue une perturbation inédite de l’offre pétrolière, au moment où les marchés cherchent encore à mesurer l’ampleur du risque.
LBP AM estime même qu’il existe presque une chance sur trois que le blocage du détroit se prolonge jusqu’à l’été. La société décrit aussi les données économiques du printemps comme un « choc stagflationniste », avec une économie mondiale qui résiste encore « au mieux » mais dont l’impact « très différencié d’une région du monde à l’autre et d’un secteur d’activité à l’autre » apparaît déjà nettement. En France et dans d’autres grandes économies, les craintes d’inflation ont continué de faire monter les taux longs, ajoutant une couche de pression sur les actions européennes.
Le CAC 40 évolue ainsi moins favorablement que Wall Street, où le Nasdaq et le S&P 500 ont progressé très vivement depuis la fin mars, au point d’être jugés surachetés. L’indice parisien fait aussi moins bien que certains marchés asiatiques, comme le Kospi sud-coréen. Aux États-Unis, l’activité profite encore de l’accélération industrielle et du boom de l’intelligence artificielle, tandis que la Corée du Sud bénéficie de l’envolée de la demande en semi-conducteurs et de mesures de soutien budgétaire. À Taïwan, la croissance a atteint 14% au premier trimestre sur un an, sa meilleure performance en 39 ans.
LBP AM juge en revanche que la situation économique « se détériore nettement » dans la zone euro, où l’érosion du pouvoir d’achat des Européens « pèse sur l’activité économique du secteur des services ». Son scénario central table sur un ralentissement marqué de la croissance mondiale autour de la mi-2026, surtout en Europe et en Asie. La société estime toutefois que la croissance mondiale pourrait « accélérer » d’ici la fin de 2026 si les prix de l’énergie baissent partiellement mais relativement rapidement d’ici le début de l’automne. Pour l’instant, la résilience de l’économie mondiale, le soutien budgétaire en Allemagne, aux États-Unis et au Japon, ainsi que la hausse des bénéfices des entreprises, continuent d’offrir un fond relativement porteur aux marchés actions.
Le risque, lui, reste ouvert sur plusieurs fronts. Les tensions sur les taux longs montent, l’issue de la guerre avec l’Iran demeure incertaine, et un scénario plus dégradé pourrait encore décevoir la Fed comme la BCE. Pour les investisseurs, la semaine ne se résume donc pas à la baisse du CAC 40: elle mesure surtout combien le marché parisien reste exposé à une combinaison de chocs énergétiques, monétaires et géopolitiques que d’autres places absorbent pour l’instant plus facilement.

