Les hôtels des 11 villes américaines qui accueilleront la Coupe du monde disent voir les réservations rester en dessous des prévisions initiales, à l’heure où FIFA présente toujours le tournoi comme un moteur économique majeur. Un nouveau rapport de l’American Hotel and Lodging Association, fondé sur plus de 200 établissements, montre que près de 80% des hôtels interrogés jugent leur rythme de réservation inférieur à ce qu’ils attendaient.
Le constat tombe alors que l’organisation prévoit plus de cinq millions de billets vendus, six milliards de téléspectateurs dans le monde et un effet économique global de 30,5 milliards de dollars pour les trois pays hôtes. Aux États-Unis, la facture totale de l’événement est estimée à plus de 11 milliards de dollars, pour un coût mondial supérieur à 13,9 milliards. Gianni Infantino avait salué l’an dernier une Coupe du monde équivalant à 104 Super Bowls, une comparaison devenue un symbole des ambitions commerciales du tournoi.
Les hôtels sondés se trouvent à Kansas City, New York, Los Angeles, Boston, Seattle, San Francisco, Houston, Dallas, Miami, Philadelphie et Atlanta. Beaucoup disent que les problèmes de visas pour les visiteurs venus de l’étranger et d’autres tensions géopolitiques freinent la demande. Ce tableau contredit le récit d’un boom immédiat, alors même que la Coupe du monde de 2026 sera la première disputée dans plusieurs pays depuis 2002, avec Mexico, Guadalajara, Monterrey, Toronto et Vancouver parmi les autres villes hôtes.
Certains hôteliers américains disent aussi que FIFA a entretenu un signal de demande artificiel en réservant trop largement des blocs de chambres au départ. En mars, l’instance a utilisé une clause de sortie de son contrat et annulé des milliers de chambres dans les 16 villes hôtes, dont Philadelphie et Dallas. Une porte-parole de FIFA a répondu que l’équipe chargée des hébergements avait travaillé étroitement avec les hôtels pour ajuster les blocs de chambres, y compris les tarifs et les catégories de chambres, et que toutes les libérations de chambres avaient été effectuées dans les délais convenus avec les partenaires hôteliers.
La même porte-parole a ajouté que, dans de nombreux cas, les chambres avaient été libérées avant les échéances prévues afin de répondre aux demandes des hôtels, une précision qui souligne le décalage entre les besoins des établissements et la stratégie de réservation du tournoi. L’ombre portée sur les hôtels américains n’efface pas les promesses de FIFA sur l’afflux de voyageurs, mais elle laisse planer une question plus immédiate: si même les premières semaines de vente peinent à suivre, la montée en puissance attendue avant le coup d’envoi devra être bien plus forte pour remplir les chambres autant que les stades.

