La campagne de déclaration des revenus 2025 a commencé le 9 avril 2026, et avec elle revient une question très concrète pour des milliers de foyers: faut-il signaler l’argent gagné en vendant d’occasion, en covoiturant ou en cédant certains objets de valeur ? La réponse dépend surtout de la nature de la vente et du montant encaissé.
Les bénéfices tirés de la vente d’objets d’occasion dans des brocantes ou des vide-greniers ne sont pas à déclarer. Ces transactions ne sont pas considérées comme des opérations taxables par le fisc. Même logique pour les sommes perçues en vendant du matériel ou des vêtements sur Leboncoin, Vinted ou eBay: elles ne sont pas imposables en principe.
Le point de vigilance apparaît quand la plateforme joue un rôle de signalement. Si un vendeur a effectué plus de trente transactions ou encaissé plus de 2 000 euros sur un même site au cours de l’année civile 2025, la plateforme a communiqué le montant au fisc en janvier 2026. Ce montant figurera sur la déclaration de revenus 2025. Autrement dit, l’administration dispose déjà d’une partie des données au moment où le contribuable remplit sa déclaration.
Le covoiturage obéit à la même logique de fond, mais avec une nuance importante. Si un conducteur a simplement partagé les frais d’essence et de péage avec ses passagers, il n’a pas besoin de déclarer l’argent perçu. En revanche, s’il a réalisé une plus-value par rapport au coût total du trajet, l’administration fiscale doit être prévenue et le gain devient imposable.
Pour les ventes plus lourdes, le seuil change complètement. La vente d’un bien dont le prix dépasse 5 000 euros et qui génère une plus-value est imposable. Dans ce cas, le gain est soumis à 19 % d’impôt et à 17,2 % de prélèvements sociaux. Un abattement de 5 % par année de détention s’applique au-delà de la deuxième année, et une déclaration spécifique n°2048-M doit être déposée avec un impôt payé dans le mois qui suit la transaction.
Certains biens restent toutefois exonérés, quel que soit le montant de la vente. Les meubles, l’électroménager et l’automobile ne déclenchent pas d’imposition dans ce cadre. À l’inverse, la vente de métaux précieux, ou de bijoux, objets d’art, de collection ou d’antiquité pour plus de 5 000 euros, relève de la taxe forfaitaire sur les objets précieux. Là encore, une déclaration spécifique n°2091 doit être déposée et l’impôt acquitté dans le mois qui suit la transaction.
Le calendrier ajoute son propre compte à rebours. Pour la déclaration en ligne, la date limite est fixée au 21 mai 2026 à 23 h 59 pour les départements 1 à 19, au 28 mai 2026 à 23 h 59 pour les départements 20 à 54, y compris la Corse, et au 4 juin 2026 à 23 h 59 pour les départements 55 à 974/976. Ces échéances donnent peu de marge à ceux qui découvrent tardivement qu’une vente, une plateforme ou un trajet partagé a déjà laissé une trace dans les fichiers fiscaux.
Au fond, la règle est simple: la plupart des ventes d’occasion courantes ne sont pas taxées, mais les seuils de transactions, les plus-values et certaines cessions d’objets précieux peuvent faire basculer une opération dans le champ imposable. Pour une déclaration impots 2026 sans mauvaise surprise, le vrai sujet est moins ce qui a été vendu que la manière dont la vente a été réalisée et le montant réellement gagné.
