Trois personnes sont mortes en 24 heures après un drame survenu lors d’une sortie de longe-côte organisée entre amis, sur la plage des Blancs Sablons, à Le Conquet. La troisième victime, en absolue urgence, est morte à l’hôpital vendredi 15 mai 2026, au lendemain du premier accident qui avait déjà coûté la vie à deux personnes, une femme de Brest et un homme de Guilers.
Vendredi matin, le décor était encore celui du choc. 24 heures après les faits, la plage longue de 2,5 kilomètres était le point de rendez-vous de témoins et d’usagers revenus sur place pour dire ce qu’ils avaient vu. Yannick Alençon a raconté avoir été doublé par des ambulances des pompiers en venant vers le site, puis être arrivé en même temps que les derniers secours. Il a dit être resté en retrait, estimant qu’il y avait déjà assez de professionnels sur place. Selon lui, l’intervention a mobilisé des pompiers, des médecins du Samu, des gendarmes et des hélicoptères, au point qu’il a d’abord cru à un exercice.
Le récit des premières minutes montre pourtant que les secours ont dû s’appuyer sur ceux qui se trouvaient déjà dans l’eau ou sur la plage. Un jeune homme présent avec sa compagne et pratiquant le wingfoil a été le premier à intervenir, en tentant de sortir les victimes de l’eau. Plus d’une douzaine de surfeurs ou de marcheurs ont ensuite prêté main-forte avant l’arrivée des secours. Certains se sont relayés pour pratiquer un massage cardiaque. Après coup, ils ont été pris en charge par une cellule de soutien psychologique installée dans le camping voisin.
Les conditions de mer, elles, n’avaient rien d’exceptionnel à l’œil nu. Yannick Alençon a décrit un vent de nord-ouest de 20 à 25 nœuds, des vagues d’environ un mètre et une mer très hachée. L’eau était à 14 degrés Celsius. « Rien qui ne laissait penser à un drame de la sorte », a-t-il résumé, ajoutant que le groupe d’amis pratiquait régulièrement la pratique libre ensemble, chaque semaine. « Ce sont des gens que je voyais régulièrement, qui faisaient de la pratique libre ensemble toutes les semaines. Pas des têtes brûlées, mais des gens qui savaient parfaitement ce qu’ils faisaient », a-t-il dit.
Depuis les hauteurs qui dominent la plage, Sarah, une photographe flamande qui vit dans son van sur un parking au-dessus du site, a aussi vu les secours arriver. Elle a dit avoir observé l’intervention de loin, juste à côté, et s’être demandé si le vent permettrait aux hélicoptères de se poser. Ce détail dit beaucoup du moment: sur une plage connue des habitués, par une météo qui semblait praticable aux yeux de plusieurs témoins, trois vies ont basculé en quelques minutes. La suite dépend désormais du travail des enquêteurs et de l’examen précis des circonstances du drame.

