Dorothea Wierer était dans les tribunes de Rome jeudi après-midi pour voir Jannik Sinner dominer Andrej Rublev en deux sets et se qualifier pour les demi-finales des Internazionali d'Italia. Après la rencontre, la biathlète a aussi publié une story Instagram montrant l’entrée de Sinner sur le court, puis les deux Italiens se sont salués face caméra en échangeant quelques mots en dialecte sud-tyrolien.
Wierer, qui a pris sa retraite sportive il y a trois mois, a dit avoir apprécié cette parenthèse au milieu d’un agenda déjà chargé. « Anche se ho smesso da tre mesi ho tanti impegni ma giornate come quella di oggi mi piacciono tantissimo », a-t-elle confié, ajoutant qu’elle avait eu la chance d’assister à « une belle partita, veloce, vincente ». Elle a aussi décrit Sinner comme « una persona molto gentile e un grandissimo sportivo » qui « regala sempre emozioni ».
La journée a eu une résonance particulière pour les deux athlètes, qui ont grandi à environ 30 kilomètres l’un de l’autre en Tyrol du Sud. Sinner vient de Sesto, Wierer d’Anterselva, deux localités de montagne où le sport de haut niveau a souvent pris des chemins différents avant de se retrouver sur la même scène romaine. La victoire de Sinner, en deux sets, lui a offert sa 32e victoire consécutive en Masters 1000, une série qui renforce encore son statut dans le tournoi.
Wierer a dit voir chez Sinner une assurance forgée très tôt, mais sans arrogance. « È cresciuto così, molto convinto di sé stesso. È umile, una persona normale come tutti noi, educato, si concentra sempre su quello che deve fare senza tante distrazioni », a-t-elle expliqué. Le contraste avec sa propre transition est net: elle vient d’arrêter, réfléchit à plusieurs options et n’écarte pas une future carrière d’entraîneuse. « In fondo ho smesso da soli tre mesi, per cui vorrei prendermi il tempo per arrivare a una decisione giusta », a-t-elle dit, ajoutant: « Mi piacerebbe far vedere il biathlon ai giovani ».
Cette sortie publique intervient alors que Wierer avait déjà dit, il y a environ un an, avoir été blessée par les accusations selon lesquelles elle ne serait pas italienne à cause de son accent allemand. Elle avait alors rappelé: « Ho messo il cuore in pace. Non è piacevole, mi piacerebbe togliermi la erre moscia ma non sarei naturale e non mi piacciono le cose finte. Io ci tengo tantissimo, vinco per l’Italia, mi sento italiana quindi ovviamente mi dà fastidio quando viene detto il contrario ». À Rome, jeudi, elle a choisi une réponse plus simple: être là, regarder, et applaudir un compatriote au moment même où il continue d’écrire une série qui, elle, ne s’arrête pas.

