Michel Denisot présente à Cannes son documentaire Mon Coluche à moi, projeté dans la section Cannes Classique, et il y remet au premier plan les circonstances de la mort de Coluche, tué en 1986 dans un accident de moto à 41 ans.
Pour expliquer ce choix, Denisot dit qu’il a laissé parler Ludovic Paris, présent avec Coluche sur la moto au moment de l’accident. L’ami du comédien, raconte-t-il, estime qu’il existe un doute sur ce qui s’est passé. « Il y a eu des débats là-dessus, des enquêtes... Je laisse parler Ludovic Paris (un proche de Coluche NDLR), qui dit qu’il a un doute », affirme Denisot. « Que l’ami de Coluche, qui était avec lui à moto, raconte qu’il a un doute sur cet accident... je l’écoute », ajoute-t-il.
Le producteur et animateur insiste sur un point simple: il n’était pas là. « n’y était pas, je ne vais pas me mêler. Je donne la parole à ceux qui y étaient. Celui qui y était dit qu’il a un doute », dit-il encore, en soulignant qu’il n’a « que des témoignages de gens qui y étaient ». Il rappelle aussi qu’aucune image de l’accident n’existe pour trancher la question. « On ne peut pas avoir de convictions sur un accident auquel on n’a pas assisté. Il n’y avait pas d’images. Je n’ai que des témoignages de gens qui y étaient », dit Denisot.
Cette prise de parole intervient alors que ses propos sont présentés comme une manière de relancer le débat sur les circonstances de la disparition de Coluche. L’ancien visage de la télévision dit s’appuyer sur les récits de ceux qui étaient présents, et non sur une certitude personnelle. Il situe ainsi son film à la frontière entre hommage et controverse, au moment où Cannes lui offre une nouvelle vitrine.
Denisot est à Cannes pour la 37e fois, un retour qui donne à cette présentation une portée particulière. « C’est toujours une émotion de revoir ça », dit-il à propos de Coluche. Et la réponse qu’il apporte est nette: il ne prétend pas établir la vérité sur l’accident. Il dit écouter les témoins directs, accepter leurs doutes et reconnaître qu’en l’absence d’images, il n’a pas de conviction propre sur ce qui a conduit à la mort de Coluche.

