Les Canucks de Vancouver ont confié jeudi les postes de co-présidents des opérations hockey à Daniel et Henrik Sedin, tout en engageant Ryan Johnson comme directeur général. Le club mise ainsi sur deux visages qui ont passé l’essentiel de leur carrière à Vancouver pour piloter une remise en ordre après une saison ratée.
Francesco Aquilini a justifié ce choix en rappelant que, « pendant les 26 dernières années, Daniel et Henrik ont consacré toute leur carrière professionnelle à Vancouver ». Il a ajouté qu’« que ce soit comme joueurs ou à divers postes de gestion, ils se sont toujours engagés envers l’excellence ». Les jumeaux, intronisés au Temple de la renommée du hockey avec la cuvée 2022, ont marqué l’histoire du club bien avant de revenir dans la hiérarchie: Henrik a été choisi au deuxième rang du repêchage de 1999, Daniel au troisième.
Entre 2000 et 2018, ils ont joué 17 saisons ensemble sous l’uniforme des Canucks. Henrik demeure premier dans l’histoire de l’équipe pour les matchs joués, avec 1 330, tandis que Daniel suit avec 1 306. Daniel détient aussi le record du club pour les buts, avec 393, et se classe deuxième pour les points, avec 1 041. Henrik, lui, mène Vancouver au chapitre des points avec 1 070 et occupe le septième rang de l’histoire de l’équipe pour les buts, avec 240.
La nomination de Ryan Johnson s’inscrit dans une restructuration plus large. Johnson remplace Patrik Allvin, congédié le 17 avril, et Jim Rutherford doit encore rester président des opérations hockey jusqu’après le repêchage 2026 de la LNH Upper Deck, les 26 et 27 juin. Rutherford avait alors qualifié Johnson de « très bon candidat », soulignant qu’« il a bâti une équipe championne à Abbotsford alors que personne ne s’y attendait, et ça a été un plaisir de travailler avec lui ».
Le parcours de Johnson dans l’organisation est déjà bien établi. Promu directeur général adjoint le 12 mars 2024, il avait auparavant été le premier directeur général de l’affilié de la Ligue américaine à Abbotsford, après avoir occupé le même rôle avant le déménagement de la franchise depuis Utica. Abbotsford a atteint les séries de la Coupe Calder en 2022 dès sa première saison, puis a remporté la Coupe Calder en 2025.
Les Canucks avaient besoin d’une direction neuve après une année cauchemardesque. Vancouver a terminé dernier de la LNH avec une fiche de 25-49-8 sous Adam Foote, sa première saison complète derrière le banc, et a raté les séries de la Coupe Stanley pour la cinquième fois en six saisons et la neuvième fois en 11 ans. Le club avait pourtant affiché un 50-23-9 en 2023-24, sa seule campagne sous Allvin avec au moins 40 victoires, avant de perdre la deuxième ronde de l’Association de l’Ouest en sept matchs contre Edmonton.
La chute s’est accélérée cette saison. Vancouver n’a marqué en moyenne que 2,56 buts par match, bon pour le 30e rang de la ligue, et a affiché un différentiel de buts de moins-100, le pire de la LNH. Avant la date limite des échanges du 6 mars, le club avait déjà envoyé Kiefer Sherwood, Conor Garland et Tyler Myers contre des choix au repêchage et des espoirs, puis il avait obtenu le troisième choix du repêchage 2026 à la loterie du 5 mai, en plus du choix de première ronde acquis du Minnesota Wild.
Pour Johnson, le mandat arrive avec des bases fragiles et des attentes lourdes. Le front office espère que l’expérience des Sedin, leur connaissance du vestiaire et le travail de Johnson à Abbotsford serviront à stabiliser une équipe qui a passé trop de temps à courir après sa propre reconstruction. La prochaine étape sera simple à lire: transformer cette relève en résultats, avant que le dossier ne retombe encore une fois dans les mains du calendrier et des promesses.

