Pour la première fois, la Coupe du monde de la FIFA se joue sur le sol canadien, et Toronto en a été le théâtre lundi lorsque Team Canada a affronté la Bosnie-Herzégovine à 15 h pour son premier match de groupe. Dans un stade torontois porté à 43 000 places, la ville a ouvert une journée appelée à marquer son calendrier sportif bien au-delà du coup de sifflet final.
C’est précisément ce caractère inédit qui explique pourquoi le Canada World Cup attire autant l’attention aujourd’hui. Toronto devait accueillir quatre autres matches de groupe pendant le tournoi, puis une rencontre à élimination directe le mois prochain, ce qui faisait de la ville l’un des points névralgiques de l’événement pour les supporters, les organisateurs et les automobilistes pris dans le périmètre du stade.
Bien avant l’heure du match, le cœur de cette première s’est déplacé vers Trinity Bellwoods Park, où des centaines de fans étaient déjà rassemblés dans les chants, prêts à partir avec The Voyageurs, le club itinérant de supporters de Team Canada. Peu après 11 h, des partisans vêtus de rouge et blanc ont pris Strachan Avenue en brandissant des bannières des Voyageurs et des fusées rouges, dans une marche qui devait conduire jusqu’à Toronto Stadium.
Andrew Anthony, interrogé plus tôt dans la matinée, a dit espérer la plus grande affluence de l’histoire du club. Il a décrit un cortège bruyant et fier, décidé à encourager l’équipe nationale vers une victoire, une ambition qui résumait bien l’atmosphère entourant cette première canadienne.
La police torontoise s’attendait toutefois à un autre mouvement de foule au même moment. Un défilé distinct de supporters bosniaques devait commencer à 12 h 30 à Stanley Park, remonter King Street jusqu’à Strachan Avenue, puis se diriger vers Coronation Park, ajoutant une deuxième vague de circulation humaine dans le même secteur. Des fermetures de routes étaient en vigueur et les automobilistes étaient invités à prévoir des retards.
Cette coïncidence donnait à la journée une dimension plus délicate que celle d’une simple fête de supporters. Deux groupes, deux marches, un même quartier autour du stade: pour Toronto, la première du Canada World Cup n’était pas seulement un moment historique, mais aussi un test d’organisation dans une ville appelée à vivre encore cinq autres matches du tournoi. Ce qu’on ne savait pas encore, c’était combien de fans avaient réellement répondu à l’appel — ni comment la rencontre contre la Bosnie-Herzégovine allait se terminer.

