Charles Milliard a promis vendredi de présenter d’ici l’été un plan libéral pour protéger le français, qu’il dit « meilleur » que la loi 96 de la CAQ. Le chef du Parti libéral du Québec veut ainsi donner une réponse avant la campagne électorale à l’érosion du français au Québec.
La promesse arrive maintenant parce que le parti cherche à clarifier sa ligne avant de repartir en campagne, et parce que les questions linguistiques se sont encore imposées dans le débat public. Plus tôt cette semaine, le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, a dit que les réformes récentes, y compris la loi 96, n’avaient pas inversé le déclin du français et a pressé les chefs politiques d’annoncer une politique plus robuste.
Milliard a dit partager ces inquiétudes et a assuré que le plan qu’il prépare sera acceptable pour son caucus et qu’il « va plaire aux Québécois ». Il a aussi voulu couper court à l’idée d’un Parti libéral gêné par la question linguistique. « Il n’y a aucun malaise avec la langue au Parti libéral du Québec. On est foncièrement francophones, on est fiers de notre langue et les militants [sont] unis. On aura un plan qui va plaire aux Québécois », a-t-il dit.
Cette démonstration d’unité n’efface pas entièrement les secousses récentes. Dans son caucus, Milliard avait déjà semé le malaise sur le renouvellement de la clause dérogatoire dans la loi 96, un épisode qui rappelle que le PLQ tente encore de trouver l’équilibre entre fermeté linguistique et cohésion interne. Vendredi, le parti a aussi précisé qu’il ne soutient pas l’idée d’étendre la loi 101 à la formation professionnelle et à l’éducation générale des adultes, une proposition avancée par le gouvernement Fréchette dans le projet de loi 8.
Le chef libéral s’est dit ouvert à discuter d’un fonds québécois des médias financé par une contribution des fournisseurs d’accès à Internet, qu’il aimerait aborder avec des entreprises comme Bell ou Vidéotron, mais il a dit ne pas vouloir d’une taxe Netflix visant les géants numériques américains. Le message montre que le PLQ prépare plus qu’un simple slogan: il cherche encore la forme exacte de sa réponse sur la langue. Le parti devrait présenter son plan d’ici l’été, mais la mesure qui dira vraiment où il s’arrête, elle, n’a pas encore été dévoilée.
Le sujet prend d’autant plus de poids que le PLQ tenait vendredi et samedi son dernier conseil général à Sherbrooke, en Estrie, avant la campagne électorale. Le parti y a aussi annoncé la candidature de l’ancien recteur de l’Université de Sherbrooke et médecin Pierre Cossette, tandis que Frédéric Beauchemin quittera Marguerite-Bourgeoys pour se présenter dans Brome-Missisquoi et que le nouvel arrivant dans la région est l’ancien journaliste Hugo Fontaine. Milliard, qui sera candidat dans Orford, a dit avoir beaucoup d’ambition pour l’Estrie.

