John Tortorella est de retour en finale de la Coupe Stanley avec Vegas, moins de 15 mois après avoir été congédié par les Flyers au terme d’une fin de saison qui avait explosé à Philadelphie. Mardi, à Raleigh, il dirigera les Golden Knights contre les Hurricanes de la Caroline, avec une chance de décrocher un deuxième titre en quatre ans pour une équipe qui a déjà gagné quatre matchs de suite sous sa direction dans cette série.
Le fait qu’on reparle de Tortorella maintenant tient à ce contraste. Le 25 mars, après une défaite de 7-2 à Toronto, les Flyers venaient de perdre 11 de leurs 12 derniers matchs, et son banc avait craqué en direct: Cam York avait été cloué au banc après seulement quelques présences, puis, selon des sources de la ligue, les deux hommes s’étaient accrochés dans le vestiaire après la rencontre. Quelques jours plus tard, le coach avait lâché des phrases qui sentaient la fin de route: « I’m not really interested in learning how to coach in this type of season, where we’re at right now », avant d’ajouter: « But I have to do a better job. » Puis: « This falls on me. » Et encore, à propos du vestiaire qui l’attendait au bout de cette spirale: « there’s nothing at the end of tunnel for ya ».
Les Flyers l’ont renvoyé deux jours plus tard. Ce qui rend son retour encore plus frappant, c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’un rebond tardif ou d’un simple nouveau poste: Vegas l’a engagé avec huit matchs à jouer après le renvoi de Bruce Cassidy, et le pari a pris tout de suite. Les Golden Knights ont terminé à 19-4-1 sous Tortorella, puis ont balayé Colorado le mois dernier. En passant, il est devenu le premier entraîneur de l’histoire de la LNH à mener des équipes à des balayages contre plusieurs gagnants du trophée des Présidents, après Columbus contre Tampa Bay en 2019 puis Vegas contre l’Avalanche.
Erik Johnson, échangé par Philadelphie avant la date limite l’an dernier, dit avoir vu de près « the kind of guy he is » à Philadelphie. Il a décrit un homme que les amateurs voient souvent comme un dur, mais qu’il juge « a really, really good man that cares about people », et a ajouté que Tortorella avait de la marge avec un groupe de vétérans qui savent gagner. C’est peut-être là que se trouve la vraie réponse à la question de son retour: après avoir quitté l’an dernier en disant qu’il n’était pas retraité et qu’il avait encore du feu dans le ventre, il a trouvé à Vegas un vestiaire prêt à accepter son exigence.
Le dossier reste dérangeant pour Philadelphie parce que la sortie de mars ressemblait à un point de rupture, alors que, moins de 15 mois plus tard, le même entraîneur est à quatre victoires d’une deuxième Coupe Stanley. Pour Tortorella, l’épreuve de Toronto n’a pas été le dernier mot; elle est devenue le début d’un autre passage en finale, et mardi à Raleigh dira si ce retour-là se termine comme une réhabilitation complète ou comme une autre étape de plus dans une carrière qui n’a jamais cessé de dérouter.

