Les États-Unis ont proposé mardi d’imposer de nouveaux droits de douane à 60 économies, dans une mesure qui vise la Chine, l’Union européenne, le Japon, l’Inde et le Mexique. Le dispositif, porté par l’administration Trump, relance une offensive commerciale fondée sur le travail forcé et remet la pression sur de grands partenaires déjà pris dans un bras de fer juridique à Washington.
La proposition arrive à un moment précis parce qu’elle suit les enquêtes ouvertes en mars et parce que la Maison Blanche cherche encore une base juridique plus solide après l’annulation, le 20 février, de surtaxes douanières par la Cour suprême des États-Unis. Jamieson Greer a proposé d’appliquer un taux de 12,5 % à environ 45 pays, tandis que le Canada, l’Équateur, l’Union européenne, l’Indonésie, le Mexique et le Pakistan pourraient se voir imposer un tarif réduit de 10 %. Le Royaume-Uni serait aussi concerné par ce taux allégé, son interdiction étant jugée partielle.
Le calcul de Washington est clair: l’administration Trump veut rétablir des droits qu’elle avait appuyés sur une loi commerciale de 1974, après avoir temporairement réintroduit un taux de 10 % jusqu’au 24 juillet. Les biens canadiens et mexicains conformes à l’ACEUM seraient exemptés, et le dispositif épargnerait aussi les semi-conducteurs, le bœuf, le café et certains fruits.
Mais la réponse européenne montre que l’affaire ne se résume pas à un simple débat technique. Mercredi, l’Union européenne a jugé ces nouveaux droits de douane injustifiés, tout en affirmant partager les préoccupations américaines sur le travail forcé. Olof Gill a indiqué que la Commission européenne analyserait les conclusions préliminaires de l’enquête et poursuivrait son dialogue avec l’administration américaine. Il a aussi rappelé que l’accord commercial conclu l’an dernier entre l’UE et les États-Unis contient déjà une clause sur la lutte contre le travail forcé, ce qui complique encore la justification politique de nouvelles surtaxes.
La suite dépend désormais de la capacité de Washington à transformer cette proposition en mécanisme durable avant le 24 juillet. Sans cela, les surtaxes temporaires retomberont dans l’incertitude juridique qui a déjà fragilisé la stratégie commerciale de Trump, et les partenaires visés gagneront un nouvel argument pour contester la mesure sur le fond comme sur la forme.

