SpaceX lance vendredi sa première offre publique et met sur le marché 555,6 millions d’actions, soit environ 4 % de son capital. À 135 dollars pièce, l’opération pourrait valoriser le groupe à près de 1 770 milliards de dollars, un niveau qui le ferait entrer d’un coup dans la cour des plus grandes capitalisations mondiales.
C’est pour cette raison que le nom Space X en bourse circule avec autant d’insistance depuis quelques heures. La société doit faire ses débuts au NASDAQ sous le symbole SPCX, et si elle parvient à lever 75 milliards de dollars, elle effacerait le record établi par Saudi Aramco, qui avait levé 29,4 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse en 2019.
John Plassard dit n’avoir jamais vu une telle excitation autour d’une introduction en 25 ans de métier. Son constat résume ce que cette opération raconte déjà aux marchés: SpaceX ne se présente plus comme une simple entreprise spatiale, mais comme un ensemble bien plus vaste, presque impossible à comparer avec un groupe coté classique.
Le problème, pour les investisseurs, est que ce bloc n’a rien d’unifié. SpaceX est désormais organisée en trois divisions: l’aéronautique, les télécommunications via Starlink et l’intelligence artificielle à travers xAI. Elon Musk a acquis xAI en février, ajoutant une activité encore plus difficile à évaluer à une structure déjà atypique.
Et les comptes ne portent pas tous la même histoire. L’an dernier, seul Starlink a été rentable. La branche spatiale a, elle, affiché une perte de 657 millions de dollars malgré des contrats avec la NASA et le département américain de la Défense. En 2025, xAI, qui comprend aussi le réseau social X et le chatbot Grok, a consommé plus de 6,3 milliards de dollars. Autrement dit, l’offre de vendredi ne propose pas aux acheteurs un pari simple sur la conquête spatiale, mais trois activités qui avancent à des rythmes très différents.
La vraie inconnue est là: comment le marché va-t-il découper la valeur de ces trois métiers lorsqu’ils arrivent ensemble dans la même opération ? Si le prix tient, SpaceX rejoindra immédiatement le cercle fermé des géants boursiers. Si la demande faiblit, l’opération rappellera qu’une valorisation record ne dissipe pas les doutes sur un groupe dont les moteurs de croissance ne racontent pas la même histoire.

