Mark Carney a déclaré que le plan du gouvernement pour relancer l’économie « commence à porter ses fruits » après que Statistique Canada a signalé deux trimestres consécutifs de recul. Cette lecture plus optimiste est venue alors même que Pierre Poilievre s’est arrêté dans un couloir, hors de la réunion hebdomadaire du cabinet, pour contester la manière dont le premier ministre décrit la situation.
La question intéresse maintenant les Canadiens parce que deux trimestres de baisse de l’activité suffisent, pour plusieurs économistes, à parler de récession technique. Poilievre a cherché à imposer ce cadrage mardi matin en demandant: « Sommes-nous dans une récession ? », tout en accusant Carney de « se cacher » devant les journalistes. Il a ajouté qu’il n’y avait rien de « technique » quand des familles ont du mal à payer la nourriture et le logement.
Carney a soutenu que le dernier rapport montrait des signes de hausse de l’investissement des entreprises et d’un revenu des ménages qui progresse plus vite que l’inflation. Il a aussi prévenu que les données économiques resteraient inégales et montreraient une certaine « faiblesse » à mesure que ses plans pour réduire l’immigration et les dépenses publiques prennent forme. Le premier ministre essaie ainsi de transformer un chiffre qui nourrit le doute en preuve que sa stratégie commence à fonctionner.
Poilievre a répondu en brandissant une feuille de papier dans le corridor, avec une citation surlignée sur la baisse de l’investissement des entreprises au premier trimestre de l’année. Il a accusé Carney de propager de la « désinformation » sur ce point, alors même que le gouvernement s’appuie sur les mêmes données pour défendre le contraire. Le débat n’est donc pas seulement économique; il porte sur la crédibilité de la lecture que chacun fait du ralentissement.
Cette confrontation tombe au moment où Ottawa regarde aussi vers Washington. Dominic LeBlanc devait rencontrer mardi Jamieson Greer, le représentant américain au commerce, tandis que le Canada presse les États-Unis et le Mexique d’avancer rapidement sur le réexamen de l’ACEUM et demande un renouvellement de l’accord pour 16 ans. Avec l’échéance du 1er juillet qui approche, la dispute sur la récession s’inscrit désormais dans une séquence plus large où commerce, investissement et stratégie industrielle se croisent à nouveau.

