Denis Dubois dit aux entrepreneurs de se préparer à au moins quatre ans d’incertitude, et il le fait au moment où il parcourt les régions pour prendre le pouls des affaires. Le président du Mouvement Desjardins doit s’arrêter en Outaouais lundi, puis en Abitibi mardi.
Ce calendrier tombe à quelques jours du 1er juillet, date limite de la révision de l’ACEUM, un dossier qui alimente déjà les calculs des entreprises exposées aux échanges nord-américains. C’est pour cela que son message retient l’attention maintenant: il ne parle pas d’un ralentissement passager, mais d’un horizon plus long que plusieurs patrons espéraient encore éviter.
Dubois, arrivé à la présidence du Mouvement Desjardins en septembre 2025, a dit voir « turbulence et résilience » dans les derniers mois. Il a cité les tarifs, la guerre en Iran et l’accélération de l’intelligence artificielle parmi les pressions qui ont bousculé l’économie, tout en soutenant que celle-ci a encaissé les coups. Les entrepreneurs aussi, a-t-il ajouté, ont montré la même capacité d’adaptation.
Il a toutefois prévenu qu’ils devront composer avec une suite d’incertitudes. La renégociation de l’ACEUM lui apparaît comme une grande source d’inquiétude, d’autant que les pays peuvent renouveler l’accord, choisir de ne pas le faire ou s’en retirer unilatéralement. Plus tôt cette semaine, Dominic LeBlanc a plaidé pour un renouvellement de 16 ans, mais Dubois dit surtout observer sur le terrain des entreprises qui réagissent vite, en diversifiant leurs marchés, en multipliant leurs partenaires et en ajustant leur modèle d’affaires.
Desjardins dit aussi disposer d’équipes spécialisées pour aider ces entreprises à s’orienter dans ce contexte. Dubois ne décrit pas des régions en détresse, mais des écarts bien réels entre les économies locales du Québec et du Canada. Pour les entrepreneurs qu’il rencontre, la question n’est plus de savoir si la prochaine secousse viendra. Elle est déjà là, et le 1er juillet marque seulement le prochain rendez-vous avec cette instabilité.

