Brendan Gallagher ne sera pas en uniforme vendredi, et ce simple fait dit beaucoup de l’endroit où en est rendu le Canadien de Montréal. Le vétéran de 34 ans a été rayé de l’alignement pour le match 5 contre les Hurricanes de la Caroline, un duel d’élimination que Montréal aborde en retard 3-1 dans la série.
Le match est prévu vendredi à 19 h 30 HE, 16 h 30 HP, sur Sportsnet et Sportsnet+. Pour Gallagher, l’enjeu n’est plus seulement celui d’une soirée de séries: c’est la confirmation qu’il reste à l’écart au moment où son équipe a le plus besoin d’expérience. Le Canadien avance sans un joueur qui a disputé 990 matchs combinés de saison régulière et de séries avec l’organisation, un total qui résume à lui seul la place qu’il a occupée à Montréal pendant plus d’une décennie.
La raison pour laquelle son nom revient aujourd’hui est aussi simple qu’inconfortable. Gallagher a été retranché au match 65 de la saison, puis à quatre autres rencontres en fin de calendrier. Il a ensuite sauté les quatre premiers matchs des séries de la Coupe Stanley, a été laissé de côté pendant toute la deuxième ronde contre les Sabres de Buffalo, et il a maintenant manqué toute la finale de l’Association de l’Est contre la Caroline. À ce stade, il ne s’agit plus d’un incident isolé, mais d’une habitude devenue la ligne de conduite du club.
Ce parcours rend la décision plus dure à défendre qu’à expliquer. Repêché au cinquième tour, 147e au total, en 2010, Gallagher a fait ses débuts dans la LNH à 20 ans en 2013, dans une saison écourtée où il a tout de même inscrit 15 buts et 28 points en 44 matchs. Il a ensuite subi des blessures dévastatrices aux mains deux années de suite, avant de rebondir avec 31 buts en 2017-2018 et 33 l’année suivante. Il a encore marqué 21 buts après s’être adapté aux tactiques de Martin St. Louis et a aidé le Canadien à arracher une place improbable en séries au printemps dernier.
Mais la réalité de cette saison est plus froide que son histoire. St. Louis a déjà dit que le fait de le rayer de l’alignement plus tôt cet hiver avait été la décision la plus difficile de ses plus de quatre ans derrière le banc du Canadien. Josh Anderson, lui, a décrit Gallagher comme un coéquipier irréprochable, toujours au travail, toujours prêt quand son nom est appelé, tout en reconnaissant que la situation reste difficile pour lui. C’est là que le contraste devient impossible à ignorer: un joueur présenté comme donnant tout ce qu’il a, compétitif jusqu’au bout, se retrouve écarté parce que le club estime que cela ne suffit pas.
Friday offre maintenant la prochaine réponse, et elle est peut-être la plus lourde de toutes. Si Gallagher ne revient pas pour le match 5, la question ne sera plus de savoir pourquoi il a été retiré de la formation, mais s’il a déjà joué son dernier match pour le Canadien. Pour un joueur qui a passé toute sa carrière à Montréal, ce serait une sortie presque impensable il y a encore quelques saisons.

