Moïse Kouamé a franchi mardi le premier grand seuil de sa jeune carrière à Roland-Garros. À 17 ans, il a battu Marin Čilić en trois sets, 7-6, 6-2, 6-1, pour décrocher sa première victoire en Grand Chelem sur le court Simonne-Mathieu.
C’est le type de résultat que les supporteurs français attendaient de voir dans un tournoi où Gaël Monfils avait déjà disparu, où Arthur Fils avait abandonné sur blessure et où Loïs Bosson avait quitté l’épreuve dès le premier tour. Dans ce décor, Kouamé a offert un rare élan au public parisien, et il a surtout coché une statistique qui le place à part: il est devenu le plus jeune homme à gagner un match en Grand Chelem depuis 17 ans, et le premier joueur masculin né en 2009 à y parvenir.
Le match a pourtant demandé un vrai effort avant de se libérer. Kouamé a dû arracher le premier set au tie-break avant de prendre le dessus plus nettement, ce qui donne à sa victoire une portée différente d’un simple score sec. Né à Sarcelles, dans le nord de Paris, il avait déjà remporté un match sur le circuit à Miami en mars, mais rien n’avait encore eu le poids d’une soirée pareille devant une foule en fusion.
Dans sa conférence de presse, le Français n’a pas cherché à transformer l’instant en aboutissement. Il a parlé d’« un bon accomplissement », puis a rappelé que « le plus important est devant », disant qu’il devait surtout récupérer et se préparer au mieux pour le tour suivant. Ce réflexe dit beaucoup de son moment: la percée est réelle, mais elle n’a de valeur que si elle tient dans la durée.
Jeudi, Kouamé retrouvera déjà le terrain contre Adolfo Daniel Vallejo, du Paraguay, 71e mondial. C’est là que sa première victoire majeure prendra tout son sens, ou qu’elle restera seulement la belle soirée d’un adolescent à Roland-Garros. Pour l’instant, elle a surtout déplacé les attentes autour d’un nom que le public parisien a appris à retenir au bon moment.

