La canicule qui balaie une partie de l’Europe mercredi a provoqué une mise en garde nette de Simon Stiell: pour le chef du climat de l’ONU, c’est un « rappel brutal » des conséquences du dérèglement climatique. Sa déclaration, transmise à l’AFP, intervient alors que la France connaît des températures inhabituellement élevées pour la saison sous un persistent « dôme de chaleur ».
Ce rappel tombe au moment où les chiffres s’accumulent. Mardi, Météo-France a enregistré un nouveau record mensuel avec un indicateur thermique national consolidé de 24,9 °C. Le Royaume-Uni a, lui aussi, battu son record quotidien pour un mois de mai. Et en Inde, la chaleur persiste, avec 47,4 °C relevés mardi à Banda, dans l’Uttar Pradesh, dans le nord du pays, tandis que le gouvernement demande d’économiser l’eau.
Stiell a relié cette situation à la dépendance mondiale à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ainsi qu’à la destruction des forêts. Il a aussi rappelé que la science climatique est claire: le changement climatique d’origine humaine rend les vagues de chaleur plus fréquentes et plus extrêmes. Son message vise donc bien au-delà de l’Europe. L’Inde et d’autres parties de l’Asie sont elles aussi durement touchées, au même moment, par des températures qui poussent les systèmes de santé, d’eau et d’énergie à leurs limites.
Il y a pourtant un angle mort dans ce constat. Alors que Stiell appelle à « une transition plus rapide vers les énergies propres », à se défaire bien plus rapidement de la dépendance aux énergies fossiles et à investir davantage dans le renforcement de la résilience face aux impacts climatiques, il cite aussi la guerre au Moyen-Orient comme illustration des coûts exorbitants des importations d’énergies fossiles. La chaleur dit une chose, la crise énergétique en dit une autre: dépendre encore du pétrole et du gaz expose déjà les pays aux chocs du climat comme à ceux des marchés et des conflits.
La vraie question, maintenant, est la durée de l’épisode européen et l’ampleur de l’exposition restante. Tant que cette canicule restera installée, chaque journée de surchauffe prolongera le bilan humain et économique que Stiell décrit déjà comme brutal.

