Lecture: Canada Recession : le PIB recule encore et le débat s’intensifie

Canada Recession : le PIB recule encore et le débat s’intensifie

Publié
3 min de lecture
Publicité

Le Canada a de nouveau reculé au premier trimestre de 2025, son PIB réel se contractant de 0,1 % en rythme annualisé entre janvier et mars après une baisse annualisée de 1 % au trimestre précédent. Les chiffres publiés vendredi par ont aussitôt remis sur la table la question d’une Canada recession, au moment où les économistes s’attendaient plutôt à une croissance de 1,5 %.

C’est cette publication, tombée dans le cycle de l’actualité de vendredi, qui change la lecture du dossier. Elle confirme que l’économie canadienne a contracté son activité dans trois des quatre derniers trimestres et qu’elle reste loin du rythme que la et les opérateurs de Bay Street avaient intégré dans leurs scénarios. Après deux trimestres de recul, les marchés regardent aussi ce que la banque centrale fera ensuite, d’autant qu’elle a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de quatre décisions consécutives.

Pour , le point faible demeure clair. L’investissement des entreprises « continue d’être le talon d’Achille de l’économie canadienne », a-t-il dit, en pointant l’incertitude liée à la politique commerciale et aux développements géopolitiques. Les chiffres du trimestre vont dans ce sens: l’investissement en capital des entreprises a diminué de 0,7 %, sa cinquième baisse trimestrielle d’affilée, tandis que l’investissement public en capital a reculé de 2,5 % d’un trimestre à l’autre. Les dépenses supplémentaires en machines et matériel, ainsi qu’en exploration minérale, n’ont pas suffi à compenser le repli des structures de génie civil.

- Advertisement -

La faiblesse du trimestre ne s’est pas limitée à l’investissement. La contraction du PIB a aussi été tirée par une hausse des importations, signe qu’une partie de la demande s’est tournée vers l’extérieur. Et pourtant, un élément complique le récit d’un basculement net en récession: le PIB par habitant a progressé de 0,2 % par rapport au trimestre précédent, même si la population a diminué pour un deuxième trimestre de suite. Statistique Canada a aussi signalé une estimation avancée de croissance trimestrielle de 0,4 % en avril, ce qui laisse ouverte la possibilité d’une révision à la hausse du chiffre du premier trimestre.

C’est pour cela que plusieurs économistes hésitent encore à parler trop vite de récession technique. Deux trimestres consécutifs de croissance négative sont parfois décrits ainsi, mais le recul du premier trimestre est faible et pourrait être relevé lors d’une révision. Le précédent remonte au début de la pandémie de COVID-19 en 2020. Pour l’instant, la conclusion la plus solide est que l’économie canadienne s’essouffle, que les pressions sur les taux perdent de leur force, et que la prochaine décision de la Banque du Canada dira si ce ralentissement restera mesuré ou s’il prendra plus franchement la forme d’une vraie contraction.

Publicité
Partager cet article