Guy Turcotte, l’ancien cardiologue condamné à la prison à vie pour avoir tué ses deux enfants en 2009, doit faire face à une audience devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada en juillet 2025. Cette nouvelle étape judiciaire remet en circulation l’un des dossiers criminels les plus marquants au Québec, alors que l’homme n’était, au dernier état, admissible à une libération conditionnelle qu’en 2028.
Le nom de Turcotte reste associé au 20 février 2009, lorsque, dans le contexte d’une séparation, il a tué son fils Olivier, 5 ans, et sa fille Anne-Sophie, 3 ans, en les poignardant à de multiples reprises. En 2015, au terme de son second procès, il a été reconnu coupable de meurtre au deuxième degré des deux enfants et condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 17 ans. Cette peine a été confirmée par la Cour d’appel en 2018.
Le dossier avait d’abord pris une autre direction. Lors du premier procès, Turcotte avait été déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux, ce qui a mené à la tenue d’un second procès. Ce renversement de verdict a transformé une affaire d’abord lue sous l’angle de la maladie mentale en condamnation criminelle ferme, avec une peine confirmée jusqu’au plus haut niveau provincial.
La prochaine audience de juillet 2025 attire l’attention parce qu’elle survient avant la date d’admissibilité à la libération conditionnelle évoquée jusqu’ici. En 2024, Radio-Canada a révélé que Turcotte purgeait sa peine dans un établissement à sécurité minimale, un détail qui a relancé les débats autour de sa détention, sans changer le fond du dossier: il demeure un homme reconnu coupable d’avoir donné la mort à ses deux enfants.
Pour les proches des victimes, l’affaire ne se résume pas à une question de calendrier pénal. André Vincent a déjà résumé leur douleur en disant que leur calvaire avait été de voir leur père, qu’ils aimaient et qui devait les protéger, les poignarder. Près de 16 ans après les faits, le dossier revient devant les autorités de libération conditionnelle avec une certitude et une interrogation à la fois: la peine imposée à Guy Turcotte reste en vigueur, mais sa trajectoire carcérale continue d’être réexaminée bien avant 2028.

