Le gouvernement du Québec a lancé lundi un bouquet de mesures pour tenter de freiner le coût de la vie, dont l’abolition de la TVQ sur les produits d’épicerie. Christine Fréchette a martelé que la réduction de la pression financière sur les ménages était sa priorité numéro un, alors même qu’une hausse de taxe déjà annoncée sur les primes d’assurance automobile et habitation refait surface au moment où Québec promet d’en redonner aux contribuables.
L’abolition de la TVQ sur les produits d’épicerie coûterait 100 millions de dollars par année à l’État. En parallèle, la hausse de taxe sur les primes d’assurance, annoncée en mars 2025, doit entrer en vigueur le 1er janvier et faire passer le taux de 9 % à 9,975 %, pour plus de 300 millions de dollars en revenus additionnels. Le contraste entre les deux mesures résume la ligne de Québec: alléger certains postes de dépenses tout en allant chercher ailleurs de nouvelles marges de manœuvre.
C’est durant l’étude des crédits du ministère du Conseil exécutif, mardi, qu’André Fortin a forcé la ministre à s’expliquer sur ce relèvement de taxe. Fréchette a d’abord répondu qu’elle n’était pas forcément au fait du détail de la mesure quand elle a été annoncée, parce qu’elle était alors au portefeuille de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie. Elle a ensuite rappelé que la décision avait été prise en mars 2025 et qu’il s’agissait d’une harmonisation avec le gouvernement fédéral, estimant que la mesure coûte environ 39 $ par famille.
La ministre a aussi voulu déplacer le débat vers les choix à venir plutôt que vers ceux déjà inscrits dans des budgets antérieurs. « Je n’entendais pas retourner à des décisions qui ont été prises dans les budgets antérieurs. On agit sur le futur », a-t-elle dit, ajoutant qu’elle compte « continuer à aider le portefeuille des Québécois, à réduire la pression financière ». Fortin, lui, a dénoncé le décalage entre les annonces de soulagement faites lundi et la taxe qui tombera le 1er janvier, au moment où les ménages feront déjà face à d’autres factures.
Le débat survient alors que Québec tente de réorienter le message politique autour du coût de la vie, sans pouvoir effacer une autre question sensible: la relance possible de la discussion sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Fréchette a dit vouloir rouvrir ce dossier, alors que le gouvernement québécois l’interdit depuis 2022. Pour l’instant, la réponse de Québec à la dette nette du québec politique, c’est donc un mélange d’allègements ciblés et de recettes fiscales accrues — une stratégie qui aide à court terme, mais qui laisse intacte la question de fond sur le prix réel du soulagement promis aux Québécois.

