Steven Guilbeault annoncera mercredi après-midi qu’il quitte le caucus libéral et qu’il abandonnera son siège à la Chambre des communes durant l’été. Le député de Laurier–Sainte-Marie doit d’abord informer ses collègues de sa décision mercredi matin, pendant la réunion du caucus libéral.
Cette rupture met fin à des semaines de réflexion qui ont commencé, selon une source proche de lui, lorsqu’il a quitté le Cabinet. La même source dit qu’il voulait du temps pour terminer quelques dossiers avant de trancher définitivement. Guilbeault, qui avait déjà donné le ton en novembre 2024 en disant être en profond désaccord avec le protocole d’entente entre le gouvernement fédéral et l’Alberta, laisse maintenant entrevoir un départ définitif de la politique fédérale, même s’il entend rester en poste jusqu’à l’été.
Le calendrier n’est pas anodin. En demeurant en fonction quelques mois de plus, Guilbeault évite de fragiliser davantage la mince majorité du gouvernement libéral et laisse aux stratèges du parti le temps de préparer sa succession dans Laurier–Sainte-Marie. Des sources disent aussi que le premier ministre Mark Carney et son entourage avaient été informés de sa décision plusieurs jours plus tôt.
Le fond du problème reste le même que celui qui a marqué sa sortie du Conseil des ministres en novembre 2024: la direction prise par le gouvernement. Une source proche de Guilbeault dit qu’il est déçu par l’orientation imposée par Carney, qui met davantage l’accent sur le développement des ressources que sur les enjeux climatiques. Pour un homme entré en politique pour défendre l’environnement, ce virage est devenu difficile à accepter. « Steven ne s’est pas lancé en politique pour faire de la politique », a dit cette source. « Son combat, c’est le climat, c’est la nature. »
Le départ de Guilbeault n’ouvre pas seulement une vacance dans un comté montréalais. Il souligne aussi le malaise d’un ancien ministre qui avait tenté de rester à l’intérieur du gouvernement malgré ses réserves, puis qui a été rappelé au gouvernement en mai 2025 comme ministre de l’Identité canadienne et de la Culture et ministre responsable des Langues officielles. Cette fois, disent des sources, il ne veut pas partir sur une note trop acrimonieuse ni rompre publiquement avec le gouvernement.
En choisissant de rester jusqu’à l’été, Guilbeault cherche à fermer son chapitre fédéral sans éclat inutile. « S’il ne peut plus porter ça en politique, il va le faire ailleurs », a résumé une source proche de lui. La question qui demeure maintenant n’est plus celle de son intention, mais celle de la suite: Laurier–Sainte-Marie devra bientôt se préparer à élire un nouveau représentant, et le départ de l’un des visages les plus connus du cabinet libéral réorganise déjà l’équilibre autour de Carney.

