Louis Garneau dit qu’il se met au repos pour un temps indéterminé et que sa retraite commence. Le fondateur de la marque de vêtements cyclistes qui porte son nom a annoncé mardi, après avoir été joint par La Presse, qu’il mettait fin à toutes ses activités.
Cette décision met un terme au projet Espace Louis-Garneau, le musée du vélo qu’il venait tout juste d’inaugurer dans l’église de Sainte-Christine-d’Auvergne, dans Portneuf. L’édifice, mis en vente sur Marketplace, avait été acheté par Garneau alors qu’une offre avait déjà été déposée. Le lieu devait accueillir ses peintures et un café pour cyclistes, et sa première exposition était consacrée aux bicyclettes pour enfants.
Garneau a expliqué qu’il avait reçu un diagnostic d’épuisement professionnel. « C’est toujours gênant de parler d’un épuisement professionnel. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, je me suis donné beaucoup dans ma vie. Ça va aider les gens à comprendre que la décision ait été aussi rapide », a-t-il dit. Son message tranche avec l’image d’un entrepreneur qui, après avoir vendu en 2024 sa marque éponyme à Lolë, avait lancé deux nouvelles entreprises de vélos, l’une pour des cadres haut de gamme, l’autre pour les bicyclettes d’enfants.
La séquence dit aussi quelque chose du virage qu’il vivait déjà depuis la vente de sa marque. Dans les années 1980, Garneau avait fondé l’entreprise de vêtements cyclistes qui a porté son nom pendant des décennies; depuis, il cherchait encore à occuper le terrain du vélo, mais dans une autre forme. La fermeture soudaine du musée montre qu’après la transaction de 2024 et les nouveaux projets lancés ensuite, le rythme n’était plus tenable.
Ce qui frappe, c’est la vitesse de l’arrêt. L’église venait d’être transformée en vitrine de son univers, avec des œuvres, des vélos et un café pensé pour les passionnés, et déjà le projet est clos. Pour Garneau, la retraite commence maintenant. Pour son musée, elle arrive avant même que l’endroit ait eu le temps de s’installer.

