Lecture: Sous-marin sud-coréen au Canada à l’heure du contrat historique

Sous-marin sud-coréen au Canada à l’heure du contrat historique

Publié
3 min de lecture
Publicité

Le sous-marin sud-coréen Dosan Ahn Changho est entré dans les eaux côtières canadiennes et a accosté samedi matin à la Base des Forces canadiennes Esquimalt, à Victoria, au moment même où Ottawa s’apprête à désigner le gagnant d’un contrat historique pour de nouveaux sous-marins. La visite place sous les projecteurs le KSS-III de , l’une des deux offres encore en lice pour remplacer la flotte vieillissante du Canada.

Le navire a mis près de deux mois pour rejoindre le pays après une traversée du Pacifique d’environ 15 000 kilomètres, selon la marine sud-coréenne. Séoul dit que ce voyage démontre les capacités du KSS-III, qui a effectué ce déplacement le plus long jamais réalisé par un sous-marin sud-coréen. Il arrive alors que le gouvernement fédéral se prépare à acheter jusqu’à 12 nouveaux sous-marins diesel-électriques, dans une transaction évaluée à environ 25 milliards de dollars.

Le KSS-III n’est pas seul en lice. Son concurrent est le Type 212CD, l’offre germano-norvégienne préselectionnée par le Canada. Ce modèle est présenté comme fonctionnant dans un silence total et comme indétectable par les capteurs magnétiques sous-marins. Les deux options promettent aussi une capacité de patrouille dans l’Arctique, ainsi que des milliers d’emplois au Canada si le contrat se concrétise. C’est aussi un test de crédibilité pour un pays qui exploite des sous-marins depuis plus de 100 ans.

- Advertisement -

Cette course intervient alors que la flotte actuelle de classe Victoria s’essouffle. Le premier des quatre sous-marins Victoria du Canada a été construit dans les années 1980 au Royaume-Uni, et un seul est aujourd’hui opérationnel. Dans ce contexte, la décision ne porte pas seulement sur un achat militaire: elle doit fixer la trajectoire de la marine canadienne pour des décennies, avec des navires capables de servir dans les trois océans du pays.

Sur le quai, a qualifié le KSS-III de sous-marin conventionnel le plus avancé disponible actuellement sur la planète. , lui, a résumé l’enjeu avec plus de prudence: il s’est dit convaincu que le Canada choisira le meilleur sous-marin au bon moment et qu’il s’agira d’un navire viable sur le plan opérationnel. Il a ajouté que le pays a besoin d’une marine parce qu’il possède le plus long littoral du monde, soit 244 000 kilomètres sur trois océans, et qu’un seul sous-marin ne suffit pas. Douze, a-t-il dit, serait un bon début pour en avoir en mer dans les trois océans du Canada 365 jours par année.

La présence du Dosan Ahn Changho à Esquimalt donne une image concrète à une décision qui est encore politique, industrielle et stratégique à la fois. a insisté sur le fait que le bâtiment visible sur place est une solution à très faible risque. Le gouvernement doit maintenant trancher entre deux conceptions très différentes, mais le choix dira surtout quel type de sous-marin Ottawa estime capable de tenir la distance, dans l’Arctique comme ailleurs, pendant les prochaines décennies.

Publicité
Partager cet article