Antoine Griezmann a disputé dimanche soir son dernier match avec l’Atlético Madrid, une sortie sans éclat marquée par une lourde défaite 5-1 contre Villarreal. Le revers a coûté aux Madrilènes leur troisième place en Liga, désormais passée dans les mains de Villarreal.
Griezmann, titulaire à la pointe de l’attaque, a ainsi refermé un chapitre de dix saisons à l’Atlético Madrid, réparties sur deux passages, et de dix-sept ans dans le championnat espagnol. Douze ans après sa première apparition sous le maillot rojiblanco, l’attaquant quitte la scène espagnole avec le sentiment d’une histoire immense et d’un titre majeur qui lui a toujours échappé avec le club madrilène: la Liga.
Le Français n’était pourtant pas un visiteur de passage. Il a commencé très jeune à la Real Sociedad avant de rejoindre l’Atlético, puis le FC Barcelona, avant de revenir à Madrid et d’y devenir une figure centrale. Avec Barcelone, il a remporté la Supercoupe d’Espagne en 2014-2015 et la Coupe du Roi en 2020-2021, mais son palmarès avec l’Atlético reste incomplet sur le plan domestique. Il n’a jamais gagné la Liga avec les Colchoneros.
La sortie de dimanche s’inscrit dans une semaine déjà chargée en émotions autour de son nom. Une semaine plus tôt, lors de l’avant-dernière journée du championnat, les supporters de l’Atlético lui avaient rendu hommage au stade, avec sa femme et ses quatre filles sur la pelouse. Ce salut avait donné à sa fin de parcours une dimension presque familiale, presque définitive, avant que le calendrier ne ramène brutalement le football à sa dureté habituelle.
Et c’est bien là que le contraste frappe. L’hommage au joueur emblématique avait préparé la scène d’adieu, mais pas la manière. La dernière image de Griezmann sous le maillot de l’Atlético est celle d’une équipe dépassée, défaite 5-1, et d’un classement qui bascule au pire moment. Villarreal dépasse Madrid au moment même où Griezmann tourne la page, comme si la fin de l’histoire devait aussi ressembler à une perte de rang.
Pour l’Atlético, la soirée laisse plus qu’une défaite à digérer. Elle marque la fin d’une époque portée par un joueur qui a traversé plusieurs versions du club, de son ascension à ses frustrations, et qui s’en va sans avoir offert le championnat que les supporters attendaient de lui. Pour Griezmann, le décor est plus simple et plus sévère: il quitte la Liga après dix-sept ans, avec des trophées ailleurs, une légende à Madrid, et une absence qui restera la plus lourde dans son bilan.

