Berlin a transpiré samedi sous 27 degrés et la chaleur devait encore monter, au moment où des dizaines de milliers de supporters prenaient d’assaut la capitale pour la finale de la DFB-Pokal. À midi, l’Alexanderplatz, dans Berlin-Mitte, ressemblait à une mer de gens, chacun cherchant un peu d’ombre, un point de rendez-vous ou simplement la meilleure route vers le stade.
Le VfB avait annoncé attendre environ 25 000 de ses fans à Berlin, et ils sont venus de tous les moyens possibles. Michael, Andreas et Stefan sont partis de chez eux à minuit depuis le Jura souabe pour soutenir leur équipe face au Bayern. « Flüssigkeit ist wichtiger », a lancé Michael, en clair, l’eau d’abord et le reste ensuite. Le groupe a dormi en route, mais pas tous avec le même succès.
Plus tard, Fynn, Heiko et Dominik, tous âgés de 24 ans, ont quitté Stuttgart pour Berlin après avoir étudié en Hesse et passé la nuit précédente à faire la fête. Ils ont poursuivi le trajet en train, tandis que l’un d’eux a pris l’avion. Fynn ne cachait pas l’humeur du groupe avant la finale: « Wir hauen die heute auf jeden Fall 3:0 weg », a-t-il dit, avant d’ajouter que le Bayern restait « stark dieses Jahr, klar. » Et quand il a fallu parler de prudence, il a résumé l’état d’esprit des supporteurs en une phrase: « Ein Pokalfinale ist für Vernunft nur begrenzt zuständig. »
Sur la route aussi, la fidélité a pris la forme d’un départ nocturne. Adrian, Stefan, Johannes et Jonas sont partis de Stuttgart à 4 heures du matin en voiture et ont roulé six heures pour arriver à temps. Adrian a écarté d’un mot toute idée de renoncer au déplacement: « Überhaupt nicht ». La ville, elle, devait encaisser à la fois la foule et la chaleur, un test très concret pour ses transports, ses places et ses abords de stade, avec des milliers de personnes concentrées au même endroit le même jour.
La police a décrit la situation dans l’après-midi comme « ruhig bis friedlich » et « veranstaltungstypisch », ajoutant qu’il n’y avait eu aucun incident particulier jusqu’à ce moment-là. Ce calme apparent n’enlevait rien à la masse humaine déjà visible dans Berlin, ni au flux continu de supporters qui convergeraient encore vers le match avant de reprendre, après la rencontre, la route vers le sud.
Pour la capitale, cette journée de DFB-Pokal a surtout ressemblé à un exercice de résistance à ciel ouvert. Entre la chaleur, les trajets à rallonge et la marée de fans du Bayern – Stuttgart, Berlin a vécu samedi au rythme d’un grand rendez-vous sportif qui ne se limite pas à 90 minutes de football.

