La Formule 1 2026 poursuit sa route ce week-end avec la cinquième manche de la saison au Grand Prix du Canada, à Montréal, et un changement de rythme qui compte déjà: pour la première fois, le circuit Gilles-Villeneuve accueillera un Sprint. Les essais libres 1 et les qualifications Sprint sont prévus vendredi 22 mai, avant le Sprint et les qualifications samedi 23 mai, puis la course dimanche 24 mai.
Le rendez-vous tombe sur un tracé de 4,361 kilomètres, long de 14 virages et ponctué de plusieurs lignes droites, où Pirelli amènera ses C3 en durs, C4 en médiums et C5 en tendres. Le choix des gommes devrait peser lourd, car le pneu tendre offre la meilleure montée en température des trois mélanges et pourrait devenir le favori pour le Sprint de samedi. Le circuit a été resurfacé en 2024, mais il n’a pas perdu sa réputation de piège à erreurs: le mur des Champions a déjà puni Damon Hill, Michael Schumacher et Jacques Villeneuve en 1999.
Ce Grand Prix a une identité à part. Le circuit Gilles-Villeneuve n’est utilisé pour le sport automobile que pendant le week-end de Formule 1, ce qui le fait évoluer très vite au fil des séances. L’ancien pilote Jolyon Palmer décrit Montréal comme un tracé agréable à conduire, entouré d’arbres qui lui donnent des airs de parc et, en substance, d’un circuit urbain; il souligne aussi que les murs sont très proches dans de nombreux passages et qu’il faut un bon train avant pour faire pivoter la voiture dans les chicanes qui reviennent presque partout. Le premier virage reste un point critique: le moindre écart à l’approche du Turn 1 peut envoyer la voiture hors de la bonne trajectoire ou obliger à couper vers le Turn 2.
Le vrai enjeu, pourtant, ne se limite pas à l’adhérence. Le circuit est décrit comme un tracé stop-and-go, où la stabilité au freinage et la traction maximale seront essentielles, tandis que les dépassements restent possibles, surtout au bout de la ligne droite menant à la dernière chicane. L’an dernier, le graining a perturbé les pneus jusqu’au jour de la course, et cette variable pourrait revenir au premier plan. Palmer estime aussi que la mise en température des pneus n’est pas toujours idéale ici, surtout quand Montréal est plus fraîche, ce qui rend la météo encore plus importante: la pluie est possible et les températures pourraient être plus basses que d’habitude en raison du changement de date.
Dans ce contexte, la première journée de roulage comptera plus qu’à l’accoutumée. Entre un Sprint inédit à Montréal, des gommes qui devront vite fonctionner et une piste qui ne pardonne pas les écarts, le week-end canadien pourrait se jouer dès vendredi, avant même que le Grand Prix n’entre vraiment dans sa phase décisive.

