Huguette Bouchardeau est morte lundi à l’âge de 90 ans. Militante féministe de gauche, elle avait marqué la vie politique française en se présentant à l’élection présidentielle de 1981 sous l’étiquette du Parti socialiste unifié, où elle avait obtenu 1,11 % des voix.
Née dans la Loire, elle avait grandi à Saint-Étienne puis à Andrézieux-Bouthéon. À la fin des années 1970, elle était devenue secrétaire nationale du PSU, avant d’entrer dans la bataille présidentielle de 1981, sept ans après la candidature d’Arlette Laguiller. Elle était alors la deuxième femme à briguer l’Élysée, dans un paysage politique où sa présence comptait autant par ce qu’elle disait que par ce qu’elle représentait.
Son parcours ne s’est pas arrêté à cette campagne. Entre 1983 et 1984, elle a été secrétaire d’État dans le gouvernement de Pierre Mauroy, puis ministre de l’Environnement de 1984 à 1986 dans celui de Laurent Fabius. Dans ces fonctions, elle a laissé sa marque sur un texte qui a compté pour la suite, à l’origine d’une loi sur la démocratisation des enquêtes publiques.
Cette trajectoire résume aussi la façon dont elle parlait de la politique: sans emphase, mais avec une forme de fidélité à ses choix. Elle disait qu’il avait été « un plaisir de fréquenter des gens compétents, même si je n’étais pas toujours d’accord avec eux ». Elle ajoutait: « J’ai fait ce que j’ai pu et je suis fière de l’avoir fait. » Et à propos de l’écologie, elle résumait son expérience d’un mot: « Travailler sur l’environnement, c’était bouleversant. »
Sa mort referme le parcours d’une femme qui a traversé les débats de son époque sans quitter sa ligne de gauche. Elle n’a jamais renié cette manière d’entrer en politique par les idées, puis d’accepter le pouvoir sans cesser de le regarder à distance. Elle le disait elle-même: « Je n’ai aucun regret. »
