À dix jours de la finale de la Ligue des champions contre Arsenal à Budapest, le PSG a travaillé mercredi au Campus de Poissy dans une atmosphère maîtrisée, presque retenue. Luis Enrique veut que ses joueurs arrivent « heureux » et il répète depuis des mois que le football doit parfois céder la place à la vie pour qu’on y revienne plus fort.
Le coach espagnol décrit son groupe comme « une petite famille », et tout, à Poissy, semble construit pour protéger cet équilibre. Le staff multiplie les précautions, au point de surveiller la balance de l’équipe presque obsessionnellement, tandis que de grands écrans tactiques entourent les terrains pour faire tourner les séances à plein régime. Ce mélange de contrôle et de sérénité résume la méthode du moment: beaucoup de travail, mais peu de bruit.
Ce climat tranche avec celui de l’an dernier, quand Paris avait dû enchaîner une finale de Coupe de France puis la finale européenne. Cette fois, le calendrier laisse davantage d’espace avant le rendez-vous de Budapest, et le club espère éviter cette montée de pression qui accompagne souvent les grands soirs continentaux. PSG arrive aussi en tenant du titre, un statut qui ne semble pas créer de tension particulière dans le groupe.
Les joueurs parlent d’Arsenal comme d’une « grande équipe », un champion de Premier League et un adversaire de tout premier plan, mais sans dramatisation visible. Warren Zaïre-Emery dit passer « la plupart du temps à la maison avec sa famille » quand il ne s’entraîne pas, et il ajoute que les moments extérieurs au foot « n’existent presque jamais pendant la saison ». Lucas Hernandez, lui, résume la préparation d’une formule sèche: « exactement comme l’année dernière ». Désiré Doué, de son côté, dit aborder cette finale « avec beaucoup de calme » et ne pas vouloir « se mettre une pression supplémentaire ».
Le jeune milieu a aussi résumé l’état d’esprit de Paris d’une phrase qui colle au moment: « C’est une finale, mais il faut l’aborder comme un match de football ». C’est sans doute là que se joue la suite pour Luis Enrique et son groupe: préserver cette normalité jusqu’au bout, alors que la moindre hésitation, le moindre excès d’émotion, peut renverser un favori en quelques minutes à Budapest.

