Furiosa revient sur l’origine de l’une des figures les plus marquantes de Mad Max Fury Road, en suivant la jeune femme avant qu’elle ne devienne la guerrière aperçue dans le film de 2015. Le long métrage de George Miller dure 148 minutes et s’impose comme une préquelle directe, avec Max qui réapparaît brièvement à la fin, près de son V-8 Pursuit Special Interceptor.
Le film s’attache à montrer comment Furiosa a perdu son bras et a fini par devenir le personnage que le public connaissait déjà. Pendant la première heure, Alya Brown incarne Furiosa, avant qu’Anya Taylor-Joy ne prenne le relais. Le passage sert aussi à installer Chris Hemsworth en Dementus, chef brutal qui déchire la mère protectrice de Furiosa et pousse l’histoire vers une vengeance nette, presque classique.
C’est là que le récit trouve son moteur. Furiosa et sa mère refusent de livrer l’emplacement de The Green Place of Many Mothers, et le refus lance une spirale de violence qui finit par donner au film sa vraie forme. Le scénario fonctionne alors comme une histoire de revanche pure, tandis que l’héroïne change de camp et utilise The Citadel, Gastown et Bullet Town les uns contre les autres pour avancer ses pions.
Avant d’atteindre cette ligne droite, Furiosa met du temps à se mettre en marche. Le début avance lentement, puis gagne en élan au fil du trajet. Quand le film déploie enfin ses grandes séquences, il retrouve le niveau attendu d’un univers qui a toujours fait de la vitesse, de la poussière et du métal cabossé sa grammaire visuelle. Les scènes d’action et la photographie sont décrites comme aussi soignées que dans Mad Max Fury Road, sans baisse de qualité en cours de route.
La comparaison avec la saga s’impose d’autant plus que Furiosa est le cinquième film de George Miller centré sur Mad Max Rockatansky. Mel Gibson a joué Max dans la trilogie originale entre 1979 et 1985, puis Tom Hardy a repris le rôle dans le reboot de 2015. Ici, Miller élargit encore la mythologie en revenant sur Furiosa, personnage devenu central grâce à Fury Road et désormais installé au cœur d’un récit qui lui appartient presque entièrement.
Tom Burke, lui, campe Praetorian Jack avec une présence qui rappelle sans cesse Max: il lui ressemble, parle comme lui, agit comme lui et pourrait presque être lui. Mais le film ne s’y trompe pas. En gardant ce miroir en arrière-plan et en plaçant Furiosa au centre, Miller signe un chapitre pensé comme une montée en puissance, et le résultat le place, selon la critique, au troisième rang des films de la franchise.

