Marion Cotillard est revenue sur les marches de Cannes le 15 mai au soir en Chanel pour défendre Roma Elastica, le nouveau film de Bertrand Mandico présenté en séance de minuit. L’actrice a signé une nouvelle apparition très attendue, quelques heures après avoir confié qu’elle avait hâte de découvrir pour la première fois une projection de minuit, qu’elle décrivait comme un moment très différent de tout ce qu’elle avait vécu sur la Croisette jusqu’ici.
Dans Roma Elastica, Cotillard incarne une actrice usée qui tourne son dernier film dans le Rome des années 1980. Elle partage l’affiche avec Noémie Merlant, Alba Rohrwacher, Ornella Muti, Maurizio Lombardi et Martina Scrinzi, dans un film pensé pour une séance tardive et un public de nuit. C’est cette singularité qu’elle disait vouloir accompagner, en parlant d’un film « si singulier » qu’elle était heureuse de partager.
Pour cette apparition, la maison Chanel lui a habillé le tapis rouge d’une robe noire en soie, ajustée au corps et transparente, avec un décolleté dos plus profond et une petite traîne bordée de franges. La tenue existait déjà dans une collection avant d’être adaptée pour Cannes, et Chanel Make-Up a complété l’ensemble avec un maquillage très simple, un regard à peine fumé et des lèvres nude. Cotillard a dit avoir voulu « du noir et de la transparence », expliquant que la robe, déjà sublime selon ses mots, appelait une mise en beauté discrète pour laisser parler sa structure.
Cette nouvelle apparition s’inscrit dans une montée en puissance très suivie de sa présence au festival, après avoir déjà attiré l’attention le 15 mai sur les marches pour Karma, de Guillaume Canet. Cannes lui offre cette fois un cadre plus nocturne, plus resserré, plus cinéphile aussi, avec une séance de minuit qui rompt avec les grandes montées en lumière du soir. Et c’est bien ce décalage qui compte: Cotillard n’est pas venue seulement pour un look de tapis rouge, mais pour porter un film qui cherche sa place dans l’obscurité de la nuit, là où un public engagé peut faire de Roma Elastica autre chose qu’un simple titre de festival.
Le pari est clair. À Cannes, Cotillard avance désormais avec deux images superposées: celle d’une star en Chanel qui capte la lumière, et celle d’une actrice qui défend un rôle de fin de parcours, au cœur d’un film situé dans l’Italie des années 1980. La séance de minuit dira si cette proposition trouve son public, mais l’essentiel est déjà là: elle a donné à Roma Elastica la vitrine que Mandico cherchait, et Cannes, pour une fois, a changé d’heure.

