Marion Cotillard a dit que Guillaume Canet avait écrit Karma pour elle. Invitée du journal de 13 heures de France 2 vendredi 15 mai, l’actrice est revenue sur la présentation hors compétition du film sur la Croisette, le dernier long métrage du réalisateur, où elle tient le rôle de Jeanne.
Jeanne est une jeune femme au passé trouble qui se réfugie dans une communauté secrète qu’elle avait quittée quelques années plus tôt. Cotillard a expliqué que Canet voulait depuis plusieurs années lui confier un film qu’il dirigerait, et que ce projet a fini par prendre forme autour d’elle. Elle a aussi décrit un cinéaste qui installe, selon ses mots, une atmosphère très particulière sur ses films.
L’actrice parlait d’un rôle qu’elle a visiblement abordé comme un travail de tension et de précision. Avant le tournage, elle et Denis Ménochet ont préparé le film ensemble. Pendant le tournage, ils ont choisi de ne pas avoir de contact en dehors du plateau afin de faire naître, entre leurs personnages, une énergie qu’ils voulaient singulière. « On avait le sentiment que ça allait créer une énergie particulière entre nous », a résumé Cotillard.
Ce choix dit beaucoup de la méthode du film. Dans Karma, le lien entre les personnages semble passer autant par ce qui se joue à l’écran que par la distance entretenue hors champ. Cotillard n’a pas seulement présenté un rôle: elle a décrit une manière de travailler pensée pour servir la relation au cœur du récit, avec une préparation commune avant le tournage et une discipline tenue jusqu’au bout.
La séquence a aussi une portée plus large pour les deux acteurs, déjà associés à Cannes dans le passé. Karma s’inscrit dans un moment où le festival donne de la visibilité au film et où la parole de Cotillard confirme l’intention derrière le projet: Canet a bien conçu le long métrage pour elle, et l’interprétation de Jeanne porte cette origine dès le départ. En parlant d’un film intense et puissant, l’actrice a surtout confirmé ce que le dispositif laissait déjà entendre: ici, le moteur du récit est une collaboration pensée très en amont, puis strictement préservée jusqu’à l’écran.

