Lecture: Groenland: Jeff Landry clôt une visite contestée et relance Washington

Groenland: Jeff Landry clôt une visite contestée et relance Washington

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a achevé mercredi 20 mai sa première visite au Groenland en déclarant qu’il était temps pour les de « remettre leur empreinte » sur l’île arctique. Le gouverneur de Louisiane a ajouté que Washington devait renforcer les opérations de sécurité nationale et réaffecter du personnel dans certaines bases au Groenland.

« Le Groenland a besoin des États-Unis », a-t-il dit, alors que son déplacement, non officiellement invité, a suscité la controverse sur place. Landry a aussi tenté de raviver l’espoir d’une indépendance groenlandaise dans une interview publiée mercredi par , au moment où sa visite s’achevait et où les tensions politiques autour de l’île restaient vives.

La portée de ses propos dépasse de loin ce voyage. Les États-Unis n’ont aujourd’hui qu’une base au Groenland, Pituffik, dans le nord, mais ils en avaient 17 au plus fort de la guerre froide. Depuis janvier, a repris ses menaces de s’emparer du Groenland au nom de la sécurité nationale, affirmant à plusieurs reprises que l’île pourrait autrement tomber aux mains de la Chine ou de la Russie.

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Ce regain d’intérêt américain s’inscrit dans un cadre déjà ancien. Un pacte de défense signé en 1951, puis mis à jour en 2004, permet déjà à Washington de déployer davantage de troupes et de renforcer ses installations militaires au Groenland, à condition d’en informer à l’avance le Danemark et le Groenland. D’après des informations de presse récentes, Washington souhaite aussi ouvrir trois nouvelles bases dans le sud de l’île.

Le Groenland attire Washington pour des raisons stratégiques qui n’ont rien d’abstrait. L’île se trouve sur l’itinéraire le plus court entre la Russie et les États-Unis pour les missiles, et elle recèle aussi des gisements de terres rares encore inexploités. C’est dans ce contexte qu’a été créé un groupe de travail américano-danois-groenlandais chargé de répondre aux inquiétudes de Trump, après son retour en janvier à des menaces de prise de contrôle.

La visite de Landry a aussi mis en lumière le fossé entre les déclarations américaines et la réaction locale. , qui l’a rencontré lundi, a dit mardi que le désir du « maître » de « sécuriser le contrôle du Groenland » était « totalement irrespectueux », tout en ajoutant que les autorités étaient néanmoins obligées de trouver une solution. Mercredi, il a décrit les discussions avec Landry comme « constructives », mais a souligné qu’il n’y avait « aucun signe (...) que quoi que ce soit ait changé » dans la position américaine.

Landry a également rencontré le ministre groenlandais des affaires étrangères, . Les autorités groenlandaises et danoises répètent depuis des mois que seul le Groenland peut décider de son avenir. Le fait qu’un élu américain de premier plan se rende sur l’île sans invitation officielle, puis reparte en parlant d’y remettre l’empreinte des États-Unis, laisse peu de doute sur la suite immédiate: la bataille autour du Groenland ne porte plus seulement sur la diplomatie, mais sur la question de savoir qui, au bout du compte, veut vraiment décider pour l’île.

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