Jared Bednar et John Tortorella se retrouvent mercredi soir à Ball Arena pour le match 1 de la finale de l’Association de l’Ouest, un face-à-face entre deux entraîneurs que l’on associe rarement à la même trajectoire mais qui poursuivent le même but: gagner la Coupe Stanley une deuxième fois. La mise au jeu est prévue à 20 h HE, dans une série Golden Knights – Avalanche où le banc pourrait compter autant que les vedettes sur la glace.
Bednar, 54 ans, mène le Colorado Avalanche après avoir pris les rênes du club le 25 août 2016. Tortorella, 67 ans, dirige les Vegas Golden Knights depuis le 29 mars, après avoir remplacé Bruce Cassidy. Les deux hommes sont en quête d’un deuxième titre de champion, et les chiffres donnent à leur parcours un poids particulier: Bednar a vu Colorado finir dernier de la LNH à 22-56-4 lors de sa première saison, avant de bâtir un groupe qui a remporté le trophée des Présidents en 2020-2021 puis la Coupe Stanley en 2022. Cette saison, l’Avalanche a encore terminé au sommet du classement général.
Chez les Golden Knights, le virage a été plus abrupt. Quand Tortorella a pris la relève, l’équipe affichait une fiche de 8-15-4 sur ses 27 matchs précédents. Elle a ensuite terminé la saison régulière sur une séquence de 7-0-1, puis a poursuivi avec une fiche de 15-4-1 en saison régulière et en séries après le changement d’entraîneur. Vegas a éliminé le Utah Mammoth en six matchs au premier tour, puis les Anaheim Ducks en six matchs au deuxième.
Le lien entre les deux entraîneurs remonte à l’organisation de Columbus, où Bednar dirigeait Lake Erie dans la Ligue américaine en 2015-2016, tandis que Tortorella vivait sa première saison derrière le banc des Blue Jackets. Lake Erie a remporté la coupe Calder cette année-là, alors que Columbus a raté les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Bednar et Tortorella se sont donc croisés à distance dans le même écosystème avant de tracer leurs propres chemins vers le haut de l’échelle.
Bednar parle de Tortorella avec un respect net. Il l’a décrit comme « un entraîneur d’élite », puis comme « une personne d’élite » et « un gars phénoménal ». Il a aussi dit avoir observé sa manière de travailler et retenu, en particulier, l’exigence de responsabilité qu’il impose à son équipe. Tortorella répond dans le même registre, disant avoir un immense respect pour Bednar, qu’il voit comme « l’un des meilleurs entraîneurs de la Ligue », « une grande personne » et un très bon coach à la tête d’une très bonne équipe.
Leur relation n’a pourtant pas reposé sur des échanges fréquents. Bednar a expliqué qu’il ne voyait pas Tortorella beaucoup et qu’il a surtout appris de lui en observant sa façon de faire. Tortorella, de son côté, a dit lui avoir parlé à la fin de l’année, alors qu’il remplissait un staff d’entraîneurs, avant d’ajouter qu’il n’avait « aucune raison » de le contacter davantage puisqu’ils savaient où Bednar irait. Cette retenue rend la série plus intéressante: deux entraîneurs chevronnés, deux styles éprouvés, et aucun besoin d’en faire trop avant que la glace ne parle. Mercredi, le premier verdict viendra de là, et pas du passé.

