Lecture: Au Festival de Cannes, Film d’Ira Sachs plonge dans le New York queer des années 1980

Au Festival de Cannes, Film d’Ira Sachs plonge dans le New York queer des années 1980

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présente en compétition au The Man I Love, un film situé dans le New York des années 1980, où incarne Jimmy George, un artiste de théâtre du centre-ville qui se jette à corps perdu dans les répétitions après une période d’hospitalisation liée à une maladie associée au sida. Le film, d’une durée de 1 heure 37 minutes, met aussi en vedette , , et le nouveau venu Luther Ford.

Jimmy dirige une troupe fictive, , et travaille à la reconstitution mot pour mot d’un film queer franco-canadien oublié de 1974, Once Upon a Time in the East. Il vit avec Dennis, son compagnon de longue date, qui lui apporte stabilité, fidélité et soins au quotidien, en veillant à ce qu’il mange et en organisant ses médicaments. Dans cette histoire, le lien intime n’est pas un décor: il est ce qui tient le personnage debout au moment où le corps l’oblige à ralentir.

Ce nouveau film s’inscrit dans la veine d’un cinéma qui regarde de près les hommes gays et leurs espaces de création, après Peter Hujar’s Day, que la critique décrit comme une capsule temporelle du milieu artistique du centre-ville dans les années 1970. Ici, Sachs revient aux scènes alternatives de la fin des années 1980, avec des clins d’œil à la Wooster Group et au Pyramid Club, et avec une écriture signée avec Mauricio Zacharias. Le cinéaste a décrit le projet comme si Altman’s Nashville avait été réalisé par Fassbinder, une formule qui dit bien le mélange de polyphonie, de tension et de désir de théâtre qui traverse le film.

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La force du film tient à ce qu’il refuse de dissocier la création de la fragilité. Présenté au plus grand festival de la saison, il arrive avec une gravité assumée: la critique le décrit comme un memento mori ressenti de près, mais aussi comme une élégie obstinément arrimée à la vie. C’est ce paradoxe qui le porte jusqu’au bout, et qui explique pourquoi l’histoire de Jimmy George ne se lit pas seulement comme un portrait d’artiste, mais comme celle d’un homme qui continue de jouer alors que tout autour de lui rappelle le prix du temps.

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