Rami Malek a rejoint le réalisateur et coscénariste Ira Sachs pour une table ronde Kering Women in Motion, à la veille de la première mondiale de The Man I Love à Cannes. L’acteur, attendu en compétition le 20 mai avec ce nouveau film, a dit qu’il ne s’habituait jamais à ces moments et que Cannes n’était pas un rendez-vous qu’il avait un jour imaginé.
« Le fait d’être ici en ce moment est quelque chose que j’essaie de savourer », a-t-il dit, ajoutant que tout cela lui paraissait « un peu surréaliste ». Pour Malek, cette présence cannoise marque un nouveau jalon dans une trajectoire qui l’a déjà mené jusqu’à l’Oscar du meilleur acteur pour sa prestation de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody.
Dans The Man I Love, situé dans le New York de la fin des années 1980, Malek joue Jimmy, un artiste de théâtre qui se retrouve confronté à sa mortalité après un diagnostic de sida. Tom Sturridge, Rebecca Hall et Ebon Moss-Bachrach figurent aussi au générique de ce film écrit par Sachs avec Mauricio Zacharias. L’échange à Cannes a replacé ce projet au centre de l’attention alors que sa présentation en compétition approche.
Malek a dit que Sachs avait fait surgir en lui « une performance que je ne pense pas offrir dans une autre situation ». Il a aussi salué le cinéaste comme « un réalisateur d’acteurs », disant que leur confiance mutuelle avait été décisive. Pour lui, l’œuvre de Sachs compte parmi des films qu’il décrit comme intemporels, faits pour durer et pour être revisités quand le cinéma ne donne pas les mêmes sensations ailleurs.
Cette apparition à Cannes s’inscrit aussi dans une continuité plus large pour Malek, qui a souvent évoqué les rôles liés à l’identité queer. Son Oscar a longtemps servi de repère dans sa carrière, mais à Cannes il l’a relié à autre chose qu’un trophée. Il a dit que cette victoire comptait parmi ses plus grandes réussites parce qu’elle portait de l’espoir pour des gens partout dans le monde, en particulier là d’où vient sa famille, en Égypte.
Malek a ajouté que des publics du monde entier peuvent reconnaître ce que signifie être immigrant et le poids qui va avec. C’est aussi pour cela, a-t-il dit, qu’il ressent une fierté plus grande encore quand il peut relier ce type d’accomplissement à quelque chose de plus large que lui-même et, peut-être, inspirer d’autres personnes. À Cannes, la question n’était donc pas seulement de savoir s’il reviendrait au centre de la compétition, mais ce que ce retour dit de la place qu’il occupe désormais: un acteur pour qui le prestige compte, mais qui mesure encore plus le sens que ses rôles peuvent avoir au-delà du tapis rouge.

