Québec doit tenir un grand sommet national sur l’itinérance, plaide un texte qui dénonce un défaut de coordination et demande à tous les partis politiques de s’engager, avant la prochaine élection générale, à convoquer cette rencontre d’ici juin 2027. L’appel survient alors que les premiers résultats du dénombrement du 15 avril 2025 estiment à 12 077 le nombre de personnes en situation d’itinérance visible au Québec.
Ce chiffre dépasse de 1 873 celui de 2022 et représente une hausse d’un peu plus de 20 % en trois ans. Pour les signataires, cette progression montre que l’itinérance n’est plus un phénomène marginal: elle touche maintenant des villes et des quartiers qui ne s’y attendaient pas, pendant que des personnes meurent encore récemment dans la rue à Montréal.
Le texte présente aussi une rare unité politique autour du dossier. Des élus issus de familles politiques et d’horizons différents y affirment signer ensemble parce que certaines convictions particulières doivent s’effacer devant une obligation commune, et que le silence peut devenir une forme de complicité. L’un d’eux résume le message en disant que le cri du cœur des élus municipaux, partout au Québec, est clair: l’itinérance doit devenir une priorité nationale.
La demande s’inscrit dans un contexte où le Québec dispose déjà d’une politique nationale et de plans d’action sur l’itinérance, sans que cela ait réglé le problème de fond. Les réponses restent fragmentées entre ministères, municipalités, réseaux et organismes, pendant que les causes s’entrecroisent: logement, santé mentale, dépendances, pauvreté, déracinement, ruptures familiales et sorties de centres jeunesse, d’hôpitaux et de prisons.
C’est précisément cette dispersion que le sommet proposé voudrait corriger. Les promoteurs du texte ne réclament pas seulement une autre table de concertation, mais un rendez-vous politique capable d’aligner les décisions et de fixer une direction commune. Sans cela, la hausse mesurée cette année risque d’être lue non comme un pic, mais comme la nouvelle normale d’une crise qui avance plus vite que les réponses publiques.
