Lecture: Robert Bourgi au cœur de l’enquête visant Dominique de Villepin

Robert Bourgi au cœur de l’enquête visant Dominique de Villepin

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Le a ouvert, le 19 mai, une enquête préliminaire visant . Elle porte sur des soupçons de recel de détournement de fonds publics et d’infractions connexes, au sujet des conditions dans lesquelles une statuette et un buste auraient été offerts à l’ancien ministre des affaires étrangères entre 2002 et 2004, puis conservés par lui.

La procédure a pris forme après les déclarations de , le 30 avril, dans l’émission Complément d’Enquête sur . Le lobbyiste franco-libanais, figure emblématique de la Françafrique, a dit avoir servi d’intermédiaire pour remettre deux statuettes de Napoléon à M. de Villepin. Selon lui, les objets avaient été payés par l’ancien président burkinabè et par l’homme d’affaires italien , pour 75.000 euros l’une et 50.000 euros l’autre, soit 125.000 euros au total.

Le 20 mai, le PNF a précisé que son enquête concernait bien “une statuette et un buste” qui auraient été offerts à Dominique de Villepin lorsqu’il était chef de la diplomatie, avant d’être conservés par lui. L’ancien premier ministre a reconnu, le 10 mai sur , que l’acceptation de ces cadeaux avait été “une erreur” et qu’il n’aurait pas dû les accepter. Il a aussi expliqué qu’il n’existait pas alors d’encadrement de ce type de situation, un point qui est au centre de la lecture pénale du dossier aujourd’hui.

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Dominique de Villepin a ajouté que Robert Bourgi était un ami de depuis 40 ans et que ces révélations intervenaient alors que l’ex-président traversait des moments difficiles dans l’affaire libyenne. L’entourage de Nicolas Sarkozy a répondu en jugeant ces insinuations “absolument ridicules et totalement déplacées”. Cette confrontation donne au dossier une dimension politique qui dépasse la seule question des cadeaux eux-mêmes, d’autant que l’entourage de M. de Villepin soutient que la valeur réelle des statuettes aurait été quatre à cinq fois plus faible que les montants avancés.

Pour l’instant, l’enquête n’en est qu’à ses débuts. Mais elle remet sous les projecteurs une pratique ancienne de la vie politique française, au croisement des réseaux d’influence, des cadeaux diplomatiques et des zones grises de la Françafrique. Ce que les enquêteurs devront établir maintenant, c’est moins l’existence de présents que leur nature exacte, leur financement réel et la façon dont ils ont été conservés.

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