Damian Penaud a retrouvé son poste de formation au centre, poussé par la blessure de Nicolas Depoortere. Le Clermontois a aussi remis le numéro 13 dans son dos, un retour qui ramène immédiatement le rugby de Clermont à ce qu’il a parfois eu de plus tranchant au cœur du terrain.
Le fait est simple, mais il pèse lourd: Penaud n’est pas un centre de circonstance. Il a déjà remporté un Top 14 à ce poste, avec Clermont en 2017, et il avait même débuté sa première apparition dans l’élite le 16 avril 2016 contre Agen, déjà titulaire au centre pour son unique match de la saison 2015-2016. Cette fois-là, il portait déjà le 13 et Clermont avait ensuite battu Toulon pour soulever le Bouclier de Brennus.
Franck Azéma n’a jamais caché que ce poste correspondait à l’ADN du joueur. Selon lui, Penaud évoluait au centre chez les jeunes, et dès son arrivée chez les pros, il avait cette capacité à attaquer les intervalles, à franchir, à finir ou à faire jouer derrière lui. L’ancien entraîneur clermontois résume surtout ce qui fait sa valeur: une capacité offensive rare et un vrai tempérament de compétiteur. Azéma ajoutait aussi qu’à partir du début de la saison 2018-2019, le joueur avait glissé sur l’aile pour des raisons d’effectif et de complémentarité, tout en restant le joueur le plus aérien et l’un des plus efficaces sur le jeu au pied offensif.
Ce déplacement avait fini par rendre ses titularisations au centre de plus en plus sporadiques. Penaud n’a pourtant jamais cessé d’être regardé comme un centre possible, et Rémi Lamerat dit prendre du plaisir à le revoir aligner les matches avec le numéro 13 depuis mars. Pour l’ancien partenaire de Clermont, sa classe, sa vitesse, ses prises d’espace et son efficacité parlent d’eux-mêmes. Il dit aussi avoir adoré jouer à ses côtés et décrit Penaud comme un deuxième centre très intéressant, au point d’affirmer qu’il aurait aimé être ce type de joueur lui-même, tant tout semblait facile pour lui grâce à ses qualités physiques, son anticipation et son intelligence de jeu.
Le retour de Penaud au centre ne tient donc pas seulement à une absence dans l’effectif. Il remet aussi en lumière une question de fond pour Clermont et pour le XV français: ce que son profil apporte au milieu du terrain quand on lui rend ce rôle. L’ailier de métier n’a jamais cessé d’être un finisseur, mais au 13 il redevient aussi celui qui peut faire basculer une séquence sur une prise d’intervalle, une lecture ou une passe après contact. À ce stade, la seule certitude est que sa présence à ce poste change la physionomie de l’équipe dès qu’il y revient.
