L’Iran veut imposer une taxe aux opérateurs de câbles internet sous-marins qui traversent le détroit d’Ormuz, a affirmé lundi 18 mai l’agence officielle Fars News. Présentée comme une nouvelle manière d’exploiter le contrôle iranien sur ce passage maritime critique, l’initiative viserait au moins sept câbles sous-marins et pourrait générer des centaines de millions de dollars en redevances, selon les montants évoqués par Fars News pour des groupes comme Google, Meta ou Microsoft.
Fars News a soutenu que les autorités iraniennes entendaient profiter du « trésor » qui gît « au fond du détroit d’Ormuz ». L’agence a aussi dit que l’Iran serait le seul acteur autorisé à assurer la maintenance de ces câbles, ou à superviser ceux qui le font, et que les opérateurs devraient obtenir l’approbation du gouvernement iranien pour continuer à les gérer. La publication a été mise en ligne le 19 mai 2026 à 18 h 07, puis modifiée le 20 mai 2026 à 7 h 08.
Le détroit d’Ormuz reste l’un des points de passage les plus sensibles du trafic maritime mondial. Son couloir le plus étroit mesure 21 milles marins, soit environ 33 kilomètres, et les eaux territoriales de l’Iran et d’Oman y recouvrent chacune 12 milles. Dans ce cadre, la question n’est pas seulement commerciale: elle touche à la façon dont un corridor déjà stratégique pourrait devenir aussi un levier sur l’infrastructure numérique mondiale.
Des experts cités par France 24 jugent discutable l’argument iranien selon lequel il n’existerait pas de zone relevant de la haute mer dans le détroit. Les cartes existantes des infrastructures Internet mondiales montrent aussi qu’il existe des câbles sous-marins encore non en activité, un détail qui brouille davantage le tableau. Jonas Franken a indiqué qu’il n’y avait que deux câbles situés dans les eaux territoriales iraniennes, Gulf Bridge International et Falcon, mais les menaces évoquées par Fars News visent un ensemble bien plus large.
Christian Bueger a résumé le moment en une phrase: « Cela faisait un certain temps qu'on s’attendait à ce que l'Iran lance des provocations dans le domaine sous-marin. On y est ». Pour Téhéran, l’enjeu est de transformer un point de passage déjà central en source de revenus et de pression. Pour les opérateurs et les grandes plateformes concernées, la prochaine étape dépendra de la capacité de l’Iran à faire accepter cette nouvelle ligne dans un détroit d’Ormuz déjà au cœur des rapports de force régionaux.
Pour aller plus loin sur les tensions qui entourent ce couloir stratégique, voir aussi: Conflit autour du détroit d'Ormuz: Trump, Araghchi et l'ombre du pétrole.

