Trois concerts de Patrick Bruel prévus en décembre au Québec ont été déprogrammés. Le chanteur, visé par au moins neuf plaintes pour viol et agression sexuelle, reste au centre d’une contestation qui déborde désormais le seul cadre des scènes de spectacle.
Jean-Michel Aubry Journet a estimé mercredi 20 mai sur franceinfo qu’« il y a beaucoup de gens à protéger avant de vouloir applaudir Patrick Bruel ». Il a aussi rappelé que l’artiste n’est pas condamné et qu’il a, pour l’instant, le droit de continuer à se produire. Mais pour lui, la succession d’éléments qui pèsent sur le chanteur rend sa promotion difficile, alors que des salles continuent de l’accueillir presque chaque soir depuis janvier.
La déprogrammation des trois dates québécoises intervient dans un climat déjà lourd. Patrick Bruel est accusé par plusieurs femmes de viol et d’agression sexuelle, ce qu’il conteste en niant tout comportement violent. Dans le même temps, les plaintes s’accumulent et alimentent un débat plus large sur la place qu’il faut encore lui faire, ou non, dans les programmations publiques et privées.
Pour Jean-Michel Aubry Journet, le problème ne se limite pas à une question d’affiche. Il a salué les propos d’Emmanuel Grégoire, qui a appelé Patrick Bruel à annuler lui-même son concert au Zénith, et a estimé que les employeurs devraient éviter de mettre des salariés en contact avec lui. « Je refuserais, comme employeur, de mettre des employés en contact avec Patrick Bruel par précaution », a-t-il dit, en défendant une ligne de prudence face à une situation qu’il juge incompatible avec une mise en avant normale de l’artiste.
Il a aussi insisté sur ce qu’il voit comme une tromperie ancienne autour de l’image du chanteur. « On nous a vendu un gendre idéal depuis les années 1980, ce n’est pas un gendre idéal qui va monter sur scène », a-t-il lancé, allant jusqu’à comparer Bruel à « notre Depardieu de la musique » et à « notre PPDA de la musique ». Pour lui, la question n’est plus seulement de savoir si l’artiste peut chanter. Elle est de savoir jusqu’où les salles, les producteurs et les employeurs accepteront encore de l’exposer alors que les plaintes se multiplient et que les victimes, dit-il, voient tout cela continuer.

