Alan Stivell était de retour à Nantes mercredi 20 mai pour l’une des étapes d’une tournée qui célèbre ses 60 ans de carrière et doit aussi passer par L’Olympia. Le musicien breton a choisi ce jalon pour « faire un point », au moment où il remonte sur scène avec une formation de dix excellents musiciens et musiciennes.
La soirée s’inscrit dans une tournée lancée en mars, près de Paris et dans l’est de la France, avant des arrêts à Lille, Bordeaux et Toulouse en mai. À Nantes, Stivell a replacé sa trajectoire dans le temps long, en rappelant qu’il avait déjà joué dans cette salle en 1957, à 13 ans, avec trois pièces à la harpe celtique en première partie de Line Renaud.
Ce retour à Nantes prend d’autant plus de poids qu’il arrive au milieu d’un parcours pensé comme une traversée de sa propre histoire. Après la ville, Stivell devait partir en Irlande, tandis que la tournée se poursuit vers L’Olympia, où il avait donné son premier concert au début de 1972. Entre ces deux salles, c’est tout un demi-siècle de scène que l’artiste remet en circulation, avec le souci affiché de ne pas se répéter.
Pour ce tour d’horizon, il a retenu une vingtaine de chansons parmi ses 400 titres. L’objectif, dit-il, est aussi de « battre des records d’éclectisme », une formule qui résume bien la manière dont il aborde ce rendez-vous avec le public. Stivell ajoute encore: « Mon monde étant le monde entier mais un monde dont le centre est, pour moi, l’Archipel celtique. »
Le contraste est net entre l’ampleur de ce répertoire et le fil personnel qu’il tire depuis le début de la tournée. De janvier 1966, quand il dit avoir chanté pour la première fois en public à l’American Center For Students and Artist à Paris, jusqu’à ce printemps 2026, il construit lui-même le récit de sa carrière autour de quelques dates-pivots. Nantes, dans ce cadre, n’est pas seulement une étape de plus: c’est un lieu de mémoire, rejoué devant un public d’aujourd’hui.
Le choix de revenir à ces repères dit aussi ce que cette tournée cherche à montrer. Elle ne sert pas seulement à célébrer un anniversaire, mais à relire une œuvre qui s’est déployée sur six décennies sans perdre son centre de gravité. À l’approche de L’Olympia puis du voyage en Irlande, Stivell semble avoir répondu à la question que pose un tel anniversaire: il n’entend pas fermer un chapitre, mais le remettre en perspective, en laissant la scène faire le travail que les dates seules ne peuvent pas accomplir.
