Roland Lescure a annoncé mardi qu’une nouvelle aide serait dévoilée jeudi pour soutenir les plus vulnérables face à la hausse des prix du carburant. Le ministre de l’Économie a insisté sur un point: cette aide restera ciblée. « Je ne suis pas là pour aider tout le monde », a-t-il dit, ajoutant qu’elle visera surtout les personnes qui travaillent.
La décision intervient alors que les ministres des finances du G7 se réunissent à Bercy depuis lundi et que Paris veut afficher une ligne commune. Les discussions doivent déboucher sur un communiqué du G7 après les réunions, a dit Lescure, au moment où le texte devrait aussi traiter des déséquilibres mondiaux, de l’aide aux pays les plus fragiles et de la crise au Moyen-Orient. « Il va y avoir un communiqué », a-t-il assuré, en soulignant que la question est souvent de savoir si les membres du G7 parviennent à s’entendre suffisamment pour le publier.
Le fond du dossier est financier autant que géopolitique. Lescure a décrit le détroit d’Ormuz comme « le nœud économique du conflit au Moyen-Orient » et a dit que la France voulait travailler à sa réouverture « le plus vite possible ». Le ministre a ajouté que la France emprunte désormais à 3,80 % sur 10 ans et que la crise lui coûte déjà près de 4 milliards d’euros supplémentaires sur sa dette. Selon lui, ces tensions ne mettent pas l’économie française en stagflation ni en récession pour l’instant.
Mais la facture ne s’arrêtera pas dès qu’une issue diplomatique sera trouvée. Lescure a prévenu que les prix à la pompe resteront probablement élevés même si le détroit d’Ormuz rouvrait demain, car les tankers mettraient encore du temps à acheminer le pétrole jusqu’en France. Dans le même temps, Totalenergies a prolongé le plafonnement de ses prix dans ses stations jusqu’au week-end de la Pentecôte, signe que la pression sur les ménages reste bien réelle.
Le gouvernement tente donc de tenir deux lignes à la fois: amortir le choc pour ceux qui en subissent le plus vite les effets, tout en évitant de promettre une protection générale impossible à financer. « La réalité, c’est qu’on est dans une tempête mais on résiste et on continue à avancer », a résumé Lescure. Jeudi dira si cette aide ciblée suffit à donner un peu d’air, ou si la flambée des carburants impose déjà un nouveau tour de vis.

