Foodwatch a publié mardi 19 mai un communiqué affirmant avoir détecté des résidus de pesticides interdits dans 49 des 64 produits qu’elle a fait analyser en laboratoire. L’association dit avoir trouvé ces substances dans des aliments produits hors de l’Union européenne, parmi lesquels du riz, du thé et des épices, et elle demande que les résidus de pesticides non autorisés soient plafonnés à zéro.
Le signalement vise aussi des produits vendus en France. Selon Foodwatch, 12 des 15 produits français analysés sont contaminés par des résidus de pesticides qu’il est pourtant interdit de produire, utiliser et exporter en France. Deux produits dépasseraient en outre les limites maximales de résidus fixées par l’Union européenne. Le paprika doux moulu Ducros contenait des traces des insecticides chlorfenapyr et flonicamide, tandis que le riz Taureau Ailé baptisé « Le Thaï » présentait de l’anthraquinone au-dessus des seuils légaux.
Le constat s’inscrit dans une mécanique plus large dénoncée par l’organisation. Foodwatch dit que Bruxelles autorise encore la production de pesticides bannis sur le continent, avant qu’ils ne soient exportés puis retrouvent les rayons européens via les importations, « comme un boomerang ». L’association souligne aussi que le processus législatif visant à mettre fin à ces exportations est au point mort.
Dans son communiqué, Foodwatch précise que toutes les épices testées chez Albert Ménès, Ducros et Intermarché étaient contaminées par des résidus de pesticides. Elle ajoute que tous les thés testés chez Carrefour, Leader Price, Lipton, Monoprix et Twinings étaient eux aussi contaminés. Pour l’organisation, ce n’est pas un simple incident de contrôle mais le signe d’un système qui laisse revenir sur le marché européen des substances que l’on interdit d’y produire.
Foodwatch presse désormais l’Union européenne de revoir son projet « Omnibus » sur la sécurité alimentaire et les contrôles des pesticides. L’association le décrit comme « un retour en arrière inquiétant qui affaiblirait les règles sur les limites de résidus et les contrôles aux frontières, ainsi que les processus d’évaluation de sécurité des pesticides ». Elle critique notamment le remplacement d’une baisse automatique des limites de résidus par des études d’impact au cas par cas, ainsi qu’« un assouplissement général des règles gouvernant les évaluations de sûreté des substances ». Dans ce dossier, la question n’est plus de savoir si des résidus sont présents, mais si l’Europe veut continuer à accepter que des produits interdits chez elle reviennent dans les assiettes par la porte des importations.
