Lecture: Sean Cuenin revient à Roland-Garros après un long détour

Sean Cuenin revient à Roland-Garros après un long détour

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Trois jours avant le début des qualifications de , s’est entraîné vendredi sur le court 14 avec . Pour le Français de 22 ans, ce retour à Paris a quelque chose de presque irréel: il n’était pas dans le top 1000 au début de 2025, avec à peine une douzaine de points ATP, et s’apprêtait pourtant à retrouver le grand bain des qualifications quatre ans après sa dernière apparition en Grand Chelem.

Cette présence n’est pas seulement une question de calendrier. Cuenin a reçu une invitation pour Roland-Garros après avoir refait sa vie de compétiteur par paliers, en remportant des tournois Futures et en remontant jusqu’au 333e rang mondial avant d’être listé 381e au moment de l’article. Même une élimination au premier tour des qualifications lui rapporterait 24.000 euros, une somme qui dit à elle seule le poids très concret de cette semaine.

Le parcours qui le ramène ici a commencé loin du tumulte parisien. Né dans le cadre tranquille de Carqueiranne, près de Toulon, une commune de 9.000 habitants, Cuenin avait été vu comme un nom prometteur du tennis français après sa demi-finale chez les juniors à Roland-Garros en 2021. Il avait disputé ses dernières qualifications en Grand Chelem en 2022, puis avait traversé un profond malaise, quitté le cadre fédéral et arrêté le tennis pendant plusieurs mois avant de reprendre l’entraînement chez lui.

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Le fil s’est renoué à la faveur d’un coup de téléphone passé au début de 2025 à , qui le connaissait enfant à Carqueiranne et est devenu son entraîneur cette année-là. Lobbrecht l’avait déjà aperçu en octobre 2024 en Tunisie, où il coachait , et avait été le saluer. Depuis, le discours du coach s’est fixé sur l’idée de reconstruction plutôt que de nostalgie. « Les gens parlent beaucoup de sa demi-finale en juniors (en 2021), de son dernier tour de qualifs (en 2022). Maintenant, ça, c'est fait », a-t-il dit. « Je ne lui parle pas de son passé. C'est son histoire, son vécu. Aujourd'hui, ce n'est plus le même Sean. Il a évolué. »

Le joueur, lui, ne nie ni les secousses ni la personnalité qui va avec. « Il s'est passé beaucoup de choses depuis, concède-t-il à la sortie de son entraînement. Mais j'ai quand même une mémoire. » Puis il résume sans détour ce qu’il est sur le court: « Je suis un peu bizarre. » « Je peux être très calme et d'un coup, je peux péter un câble. » « Ça peut être tout ou rien. » Par moments, ajoute-t-il, « il y a d'autres où je suis très nerveux », parfois pour « même un petit truc de merde ». Lobbrecht, lui, voit surtout une progression récente: « Il est émotif. Il peut être nerveux, mais déjà, il s'est beaucoup amélioré. Encore plus ces dernières semaines. Il vit les choses, il est entier. »

Le duel entre l’ancien espoir junior et le présent n’est donc pas une anecdote de vestiaire. Sean Cuenin arrive aux qualifications de Roland-Garros avec une invitation, un classement retrouvé et un entourage reconstruit autour de lui. Reste à voir jusqu’où cette saison de renaissance peut le mener quand le tournoi s’ouvrira vraiment, et si le joueur qui disait autrefois ne pas trop savoir expliquer ses excès est désormais assez stable pour transformer un retour symbolique en résultat durable.

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