Margaux Rouvroy disputera pour la quatrième fois les qualifications de Roland-Garros. La Française a reçu une wild-card pour le tableau préliminaire du Grand Chelem parisien, où elle revient avec l’envie de franchir enfin un cap après plusieurs tentatives déjà marquées par des passages au deuxième tour.
Pour elle, l’annonce compte autant que le tournoi lui-même. Roland-Garros, qu’elle décrit comme l’épreuve qu’elle attend chaque année, reste son rendez-vous favori de la saison. Elle a dit avoir été « très contente » et soulagée d’obtenir cette invitation, rappelant qu’on ne peut jamais être sûre de l’avoir jusqu’au dernier moment. À ses yeux, c’est « le meilleur tournoi de l’année », et l’émotion reste intacte.
Le timing arrive au bon moment. Rouvroy assure être arrivée à Paris « à 100 % » physiquement et mentalement après une série de tournois qui l’ont laissée en confiance. En avril, elle a atteint la finale du W50 de Bujumbura, sur terre battue, et en janvier elle avait remporté à Petit-Bourg, en Guadeloupe, le cinquième titre de sa carrière. Elle compte désormais cinq titres ITF.
Son parcours récent nourrit aussi son optimisme. La joueuse de 22 ans, droitière avec un revers à une main, dit n’avoir pas eu beaucoup de blessures et avoir repris le travail avec un préparateur physique il y a un mois, ce qu’elle dit ressentir dans son niveau de forme. Elle prépare toutefois cette campagne sans entraîneur attitré, un détail qui n’efface pas sa sérénité du moment. « Mais je me connais bien, pour l’instant, ça ne me dérange pas », a-t-elle dit.
Rouvroy connaît déjà l’ambiance de Roland-Garros et sait ce qu’elle peut y déclencher. En 2023, pour sa première victoire à Paris, elle avait battu Sofia Kenin. L’an dernier, elle avait poussé Haruka Kaji pendant 3h40 avant de céder. Elle a aussi perdu au deuxième tour à trois reprises lors de ses campagnes de qualifications, en 2023, 2024 et 2025, ce qui donne à cette nouvelle invitation une portée particulière: elle ne revient pas seulement pour jouer, mais pour transformer une habitude de la terre parisienne en vrai résultat.
La joueuse du CSM Eaubonne, dans le Val-d’Oise et la Ligue Île-de-France, dit d’ailleurs aimer les combats longs, surtout quand ils se jouent en trois manches. Elle a résumé son état d’esprit sans détour: elle veut des matchs, si possible sur un grand court, parce que l’ambiance lui manque. Elle a ajouté qu’elle avait des frissons rien qu’à l’idée de sentir le public derrière elle, au point d’avoir envie de pleurer quand la foule pousse. Pour la suite, son objectif reste simple: continuer à prendre du plaisir à l’entraînement et en tournoi, tout en faisant le travail et les sacrifices nécessaires. Cette fois, la question n’est plus de savoir si elle sera au rendez-vous de Roland-Garros, mais si cette quatrième tentative lui permettra enfin de convertir l’attente en avancée.
