Lecture: À Skopje, des étudiants albanais exigent un examen judiciaire en langue albanaise

À Skopje, des étudiants albanais exigent un examen judiciaire en langue albanaise

Publié
3 min de lecture
Publicité

Des étudiants albanais en Macédoine du Nord se sont rassemblés à Skopje pour exiger de pouvoir passer l’examen judiciaire en langue albanaise. La mobilisation, relancée aujourd’hui dans la capitale, s’inscrit dans une série de protestations étudiantes qui dure depuis début avril.

Lors de la manifestation d’hier, cinq étudiants ont été arrêtés, selon les informations disponibles. Des étudiants venus d’Albanie pour soutenir leurs camarades à Skopje auraient aussi été stoppés à la frontière, le temps de vérifications destinées à établir si des mineurs se trouvaient dans le bus.

Le mouvement a pris naissance début avril, lorsque des étudiants se sont d’abord réunis devant le pour demander la possibilité de passer l’examen judiciaire en albanais. Ils disent faire face à une discrimination institutionnelle, et leurs protestations ont ravivé un débat politique plus large en Macédoine du Nord sur l’application de la loi sur l’usage des langues.

- Advertisement -

Cette pression arrive au moment où la langue albanaise bénéficie d’un statut de co-officiel à l’échelle nationale depuis 2019, mais où son application concrète continue de susciter des frictions. Le ministère de la Justice soutient que l’examen judiciaire est une évaluation professionnelle spécialisée et non une procédure administrative ordinaire automatiquement couverte par la législation linguistique générale, ajoutant que le système actuel est pleinement conforme au cadre juridique en vigueur.

Le premier ministre a tenté d’apaiser la colère en déclarant: « This is an issue the Government is working on. » Il a ajouté: « I am convinced that we will very soon come forward with a proposed solution », tout en appelant les étudiants à rester patients et en disant que la solution devra être conforme aux recommandations de la et aux normes internationales.

Mickoski a aussi affirmé: « This is why I urge everyone involved in this process to be patient, because there are political forces in the country that do not want us to be a progressive country, but instead want conflict, unrest and protests, even though they had more than 20 years to resolve this issue ». Sa réponse laisse entendre que le gouvernement veut gagner du temps sans céder sur le fond, alors que les étudiants exigent une clarification immédiate et visible.

La contestation a reçu le soutien de plusieurs personnalités politiques et publiques de la région, surtout au Kosovo. L’ancienne présidente kosovare a apporté son appui hier et a déclaré que « the Albanian language is sacred ».

Pour les manifestants, la question dépasse désormais le seul examen judiciaire. Elle touche à la place de l’albanais dans les institutions du pays, à l’interprétation d’une loi déjà contestée et à la capacité du gouvernement à régler une revendication restée ouverte pendant des années sans transformer le dossier en nouveau point de tension politique.

Publicité
Partager cet article