Alex Newhook a encore frappé quand tout se joue. L’attaquant a marqué en prolongation pour donner aux Canadiens une victoire de 3-2 contre les Sabres, lundi à Buffalo, dans le match 7 qui a envoyé Montréal en finale de l’Association de l’Est contre les Hurricanes. La série s’est terminée après 71 min 22 s, sur un tir flottant de Newhook passé sous le gant d’Ukko-Pekka Luukkonen.
Le but a immédiatement déclenché une scène de soulagement et de chaos contrôlé. Alexandre Carrier et Mike Matheson ont enlacé Newhook avant que les coéquipiers ne s’empilent autour de lui. À 25 ans et 110 jours, Newhook a offert aux Canadiens une autre sortie de l’impasse au moment exact où Buffalo avait encore une chance de prolonger sa saison.
Cette victoire a une portée qui dépasse le simple billet pour la ronde suivante. Les Canadiens deviennent la plus jeune équipe depuis les Canadiens de 1993 à atteindre la finale d’association, avec une moyenne d’âge de 25,8 ans, la même que celle de l’équipe montréalaise de 1993. La finale de l’Est devait commencer jeudi en Caroline, ce qui laisse peu de temps aux joueurs pour célébrer une série qui a demandé autant d’énergie que de sang-froid.
Newhook n’en était pas à son premier moment décisif de ces séries. Il avait déjà inscrit le but gagnant dans un autre match 7 contre le Lightning de Tampa Bay, ce qui le place dans un club très restreint. Il est devenu le quatrième joueur des Canadiens à marquer en prolongation dans un match 7, après Yvon Lambert en 1979, Claude Lemieux en 1986 et Russ Courtnall en 1992. Il est aussi seulement le deuxième joueur de l’histoire de la LNH à réussir deux buts gagnants en match 7 la même année, comme Nathan Horton en 2011.
Phillip Danault a donné un aperçu du rituel qui accompagne le parcours de Newhook. Le centre a dit être devenu, ce printemps, le « Monsieur Game 7 » de son coéquipier, en lui achetant sur les routes un café glacé, sans glace, format Venti, chez Starbucks. Danault a expliqué que la routine avait commencé au match 1 ou 2 à Tampa, puis qu’elle était devenue une superstition. « Ce n’est pas compliqué, c’est le café ! », a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’il préparait la boisson le matin et la plaçait au frigo pour que Newhook la prenne avant le match.
Mais Danault a aussi rappelé que le café ne marque pas à la place du joueur. Newhook avait déjà trouvé le fond du filet à domicile sans cette boisson, ce qui a gardé la chose dans le domaine des habitudes utiles plutôt que des certitudes magiques. Après le but de lundi, Newhook a lui-même nuancé la place des superstitions en séries, disant qu’elles prennent souvent plus d’importance qu’en saison régulière et que, quand quelque chose fonctionne, on ne le change pas. Il a ajouté que Danault était aussi content d’acheter le café qu’il l’était de le recevoir.
Sur la glace, le but gagnant a eu la simplicité des grandes actions. Newhook a dit avoir ramené la rondelle vers lui, ce qui a pu faire du défenseur un écran pour le gardien, même s’il n’avait pas forcément cherché ce résultat. Carrier a résumé l’action avec humour, en disant qu’elle avait commencé en zone défensive, qu’il avait fait une sortie de zone et envoyé la rondelle à Newhook en zone neutre, avant de reconnaître qu’elle avait peut-être dévié. Peu importe la trajectoire exacte. Les Canadiens ont pris la victoire et les deux points, et ils l’ont fait au moment où leur saison a basculé vers une série encore plus lourde.
Le résultat canadien de lundi ne se limite donc pas à un score. Il confirme qu’une équipe jeune peut survivre à un match 7 en territoire adverse, et qu’un joueur qui a déjà livré dans ce genre de moment peut recommencer. Pour Montréal, le prochain test commence jeudi en Caroline. Pour Newhook, la question n’est plus de savoir s’il peut le faire, mais combien de fois encore il pourra choisir le moment.

